Actualisé 13.11.2018 à 06:40

Suisse

Berne doit mieux valoriser son bilinguisme

L'idée d'une commission d'experts est de faire de Berne, capitale fédérale, un canton moteur en faveur du bilinguisme.

Un bilinguisme concret et vivant nécessite plusieurs ambassadeurs.

Un bilinguisme concret et vivant nécessite plusieurs ambassadeurs.

Keystone

Le canton de Berne doit mieux mettre en valeur son bilinguisme. Une commission d'experts a listé quelque 40 recommandations pour encourager la pratique du français comme de l'allemand dans tous les secteurs de la vie quotidienne. Un message destiné au Conseil d'Etat.

«Le bilinguisme ne doit plus être considéré comme un fardeau imposé en raison de la présence d'une région francophone, mais comme une richesse et une opportunité unique de se démarquer d'autres cantons», indique la commission dans son rapport publié lundi. Un tel défi implique une volonté politique claire et des moyens financiers importants, poursuit-elle.

Pour les auteurs de l'étude, une telle tâche représente un travail de longue haleine nécessitant un suivi minutieux tant auprès des acteurs publics que privés. Au vu de la stratégie ambitieuse qui est présentée, la question de créer une nouvelle organisation, externe à l'administration, devrait se poser.

Car l'enjeu implique les instances politiques, l'administration et les institutions étatiques et paraétatiques, tant au niveau fédéral, cantonal que communal, les établissements de l'instruction publique, l'économie et le tourisme. Ces acteurs doivent jouer le rôle d'ambassadeur d'un bilinguisme concret et vivant.

Berne: canton moteur

L'idée est donc de faire de Berne, capitale fédérale, un canton moteur en faveur du bilinguisme. Pour ce faire, le rapport présente 46 mesures, dix stratégiques, 23 importantes et 13 souhaitables. La première consiste à faire du développement du bilinguisme bernois une priorité du programme gouvernemental de la législature 2019-2022.

Pour les auteurs, il faudrait aussi adopter une loi sur le bilinguisme en complément de la législation actuelle. Les nouvelles dispositions régleraient notamment l'utilisation des langues officielles, la promotion et le développement du bilinguisme ainsi que la mise à disposition de moyens financiers.

La création d'un fonds cantonal visant à soutenir des projets privés et publics devrait être envisagée. Les experts proposent également le développement d'un train de mesures favorisant la croissance de la population, en particulier de francophones, un objectif qui s'inscrirait dans le cadre de la stratégie économique 2025.

Les recommandations couvrent aussi la politique du personnel dans l'administration cantonale, l'information des citoyens, le tourisme, la promotion du bilinguisme dans la culture, les entreprises ou l'agriculture.

L'école occupe logiquement une place particulière: il s'agit donc de revoir les moyens engagés pour l'enseignement des langues, de favoriser les échanges d'élèves, tous niveaux confondus, de profs, d'animateurs, de formateurs, etc. Chez les apprentis, on pourrait instituer la création d'un «prix de l'apprenti(e) bilingue».

Aux politiques d'agir

Ce catalogue d'idées, non exhaustif, est destiné au Conseil d'Etat bernois (ndlr: «Conseil-exécutif»). Ce dernier est appelé à sélectionner les recommandations qui l'intéressent et à définir une stratégie du bilinguisme qu'il mettra ensuite en oeuvre.

La commission d'experts sur le bilinguisme a été instituée en mai 2017 par le Conseil d'Etat bernois. Le rapport se base sur une enquête en ligne auprès de 500 personnes issues des cinq régions administratives du canton et de quatre ateliers avec des personnes de terrain. Il a été élaboré en collaboration avec le Forum du bilinguisme. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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