Actualisé 27.02.2015 à 11:11

SuisseBerne favorable à la vente de grillons comestibles

Le Conseil fédéral envisage d'autoriser notamment des grillons et des sauterelles en tant que denrées alimentaires. Les amateurs de ces petites bestioles jubilent.

Les premières espèces d'insectes devraient pouvoir être consommées en toute légalité en Suisse à partir de 2016.

Les premières espèces d'insectes devraient pouvoir être consommées en toute légalité en Suisse à partir de 2016.

En Suisse, il est interdit de vendre des insectes comme denrée alimentaire. Une situation que la conseillère nationale Isabelle Chevalley (Vert'libéraux/VD) tente de changer depuis près d'un an maintenant. «On en mange partout dans le monde. Je ne vois pas pourquoi ce ne serait pas le cas ici.» Outre une interpellation déposée en mars dernier, elle avait également organisé une dégustation de mets à base d'insectes dans les couloirs du Palais fédéral.

Malgré ces efforts, le gouvernement avait déclaré qu'il n'y avait à l'époque aucune donnée fiable attestant que ces bestioles prévues à la consommation ne contenaient pas de substances toxiques, ne provoquaient pas d'allergies ou ne pouvaient pas transmettre des maladies. Mais le Conseil fédéral semble désormais avoir changé d'avis: «Nous envisageons la possibilité d'introduire certaines espèces d'insectes sur le marché des denrées alimentaires en Suisse», a confirmé à Tsüri.ch une porte-parole de l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV). «Dans l'actuel projet de la révision de l'ordonnance sur les denrées alimentaires, nous proposons d'autoriser un petit nombre d'insectes, estimés comme sûrs et pas dangereux pour la santé.» Les autorités helvétiques comptent se baser sur une liste, dressée l'an dernier par la Belgique et comprenant notamment des sauterelles, des grillons ou encore des ténébrions meuniers, une sorte de larve fine et allongée.

Risque d'allergies

Matthias Grawehr, de la start-up suisse Essento qui produit des mets à base d'insectes, se réjouit: «Les types d'insectes que les autorités envisagent d'autoriser sont nos préférés!» Il précise cependant que l'OSAV devra encore évaluer les risques d'allergies que présentent certaines de ces petites bêtes: «Une personne qui est allergique aux fruits de mer et peut-être aussi allergique aux ténébrions meuniers.» Matthias Grawehr explique également qu'il faut évaluer les effets que l'élevage pourrait avoir sur la qualité des insectes.

Si tout fonctionne comme prévu, les premières espèces pourront être consommées en Suisse en toute légalité à partir de 2016. En attendant, toute personne souhaitant commercialiser en Suisse des insectes à titre de denrée alimentaire doit demander une autorisation préalable auprès de l'OSAV.

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