Suisse: Berne ne veut pas laisser tomber la géothermie
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Malgré les récents revers, la Suisse devrait poursuivre ses recherches dans le domaine de la géothermie, estime le Centre d'évaluation des choix technologiques TA-Swiss.

La production de courant par la géothermie est écologique, stable et économiquement intéressante. Mais elle comporte aussi des risques. Ces derniers temps, les projets géothermiques ont plutôt connu des revers en Suisse. A St-Gall, des séismes avaient entraîné l'arrêt des travaux. Bâle avait stoppé tout forage suite à un séisme de force 3,4 survenu en 2006. Le canton de Genève a pour sa part commencé des forages prospectifs de son sous-sol. Le Jura devrait se doter d'une centrale d'ici 2020.

Selon TA-Swiss, la Suisse ne devrait pas abandonner trop vite cette technique. Elle devrait avant tout acquérir plus d'expérience dans la construction et l'exploitation de sites géothermiques, selon l'étude que les experts ont présentée aux médias jeudi à Berne.

Car la conséquence majeure de la nouvelle politique énergétique suisse est la nécessité de développer les énergies renouvelables pour la production d'électricité, constate TA-Swiss.

Dans ce domaine, l'Office fédéral de l'énergie (OFEN) estime que la géothermie profonde pourrait fournir quatre à cinq térawattheures (TWh) par an à la Suisse à l'horizon 2050. Les besoins en énergie du pays sont eux estimés à 60 TWh par an d'ici au milieu du siècle.

Ressources inépuisables

L'attrait de la géothermie réside dans la disponibilité inépuisable de ses ressources, dans les émissions de CO2 relativement faibles et dans le fait qu'elle offre une source d'énergie disponible à toute heure, écrivent les experts.

Ils estiment les coûts de production à 35 centimes par kilowattheures. Une éventuelle vente de la chaleur dégagée permettrait de baisser le prix à 18 cts/kWh. La géothermie serait dès lors concurrentielle avec les énergies solaire et éolienne. Et contrairement à ces autres sources d'énergie naturelle, la géothermie permet de produire du courant de façon continue.

Restent les risques de secousses sismiques, que l'on ne peut exclure complètement. De plus, les forages à grande profondeur à travers une roche dure sont coûteux, laborieux et complexes sur le plan technologique. En raison de la méconnaissance du sous-sol suisse, il est difficile d'estimer les ressources potentielles. Les projets de géothermie profonde recèlent pour l'instant un risque financier notable, reconnaissent les auteurs de l'étude.

L'étude de TA-Swiss a été élaborée par des chercheurs de l'Institut Paul-Scherrer, de l'EPF Zurich, de l'Université de Zurich et de l'institut Dialogik. (ats)

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