Berne regarde de travers l'œil en résine suisse
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Berne regarde de travers l'œil en résine suisse

Un savoir-faire unique, mais menacé, rend la prothèse de l'oeil presque aussi vraie que l'original.

L'énucléation touche 4000 personnes en Suisse. Une sur mille dans le monde. Ce marché semble énorme. En réalité, le secteur risque de disparaître. Une lentille est facturée 6000 fr., mais, depuis fin 2002, l'Office fédéral des assurances sociales limite les prise en charges des prothèses oculaires à 2000 fr. Berne confine aussi les produits en résine de synthèse aux patients dans l'incapacité de se servir d'un oeil de verre. Ces restrictions, destinées à réduire les coûts de la santé, menacent la survie de ce savoir-faire suisse.

A Genève, Jean-Christophe Fornasari fabrique deux yeux en résine par mois en moyenne pour des clients du monde entier. Entre Neuchâtel et Yverdon, Georges-Michel Dubois a déjà réalisé près de 4000 lentilles. Il affiche un millier de patients – dont 300 entre 0 et 20 ans – provenant de plus d'une centaine de pays dans le monde. Il faut dire que leur lentille hyperréaliste se veut la reproduction fidèle de l'oeil, de l'iris et des capillaires, écrit le quotidien économique L'Agefi. Du grand art qui respecte l'oeil d'origine jusque dans ses mouvements pour peu que la chirurgie ait épargné les muscles.

A l'origine, c'est le technicien dentiste Louis Schmitter qui a développé peu après la Seconde Guerre mondiale un procédé de coloration à base de produits de synthèse. Il cherchait à pallier au bris de son oeil de verre lors des grands froids. En 1968, Georges-Michel Dubois, technicien dentaire, a racheté le procédé. Formé auprès de son aîné, le technicien dentiste Jean-Christophe Fornasari s'est installé à Genève il y a trois ans.

Giuseppe Melillo

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