Actualisé 27.06.2011 à 10:20

Réseaux sociaux

Berne s'attaque à Facebook

La coopération internationale doit être améliorée face aux atteintes à la vie privée pratiquées par le biais des réseaux sociaux, estime le préposé fédéral à la protection des données.

La question de la compétence nationale demeure cruciale, selon M. Thür.

La question de la compétence nationale demeure cruciale, selon M. Thür.

Le préposé fédéral à la protection des données songe à créer un compte Facebook. Malgré l'apparente contradiction, ce serait un moyen de sensibiliser les usagers aux dérives et aux atteintes à la vie privée pratiquées par le biais des réseaux sociaux, selon Hanspeter Thür.

La situation ne cesse de se détériorer sur la toile pour ce qui est de la protection de la sphère privée, a-t-il constaté lundi en présentant son rapport d'activités 2010/11. Parmi les points noirs, l'application permettant de reconnaître les visages reste particulièrement en travers de la gorge du préposé fédéral à la protection des données.

Ce système permet de retracer les activités de personnes qui se trouvent en photo sur les comptes Facebook de tiers sans avoir donné leur accord, a critiqué M.Thür devant la presse. Il risque en outre de s'étendre à d'autres services sur Internet.

Renforcer la loi

«Nous exigeons depuis longtemps une révision de loi permettant de mieux garantir la protection de la sphère privée sur les réseaux sociaux; en vain». Au vu de sa marge de manoeuvre restreinte, le préposé à la protection des données envisage d'apparaître sur Facebook.

«Mais la question de fond et la forme sont encore à l'étude», a dit Hanspeter Thür. Impossible de savoir donc pour l'heure si on pourra devenir son ami sur ce réseau social.

Autre sujet d'inquiétude, les dernières avancées techniques, telles les cookies éternels qui se multiplient sur les ordinateurs. Déposés dans divers espaces de stockage, ils sont ensuite très difficiles à éliminer.

Street View

Le bras de fer juridique entre les services du préposé à la protection des données et Google Street View a laissé également des traces. L'affaire est encore pendante, puisque l'entreprise a contesté le verdict du Tribunal administratif fédéral l'obligeant de flouter tous les visages et les plaques de voitures figurant sur son service en ligne.

«Mais nous sommes confiants que le Tribunal fédéral va nous donner raison», a affirmé Hanspeter Thür. Indépendamment des jugements, la question de la compétence nationale demeure cruciale, à ses yeux.

Coopération

Pour lui, il faudrait envisager de soumettre les services ayant un grand impact sur la sphère privée à un contrôle de conformité à la protection des données. Le fournisseur devrait apporter la preuve qu'il a tout entrepris afin de protéger les droits de la personnalité. Aujourd'hui, la diffusion de ces produits ne peut être stoppée que lorsqu'une violation du droit est constatée.

Il s'agit également d'améliorer la coordination et la coopération internationale. Le but est d'éviter que les entreprises implantent leurs produits dans les pays où elles ne rencontrent pas ou peu de résistance pour ensuite mettre les autres Etats sous pression en invoquant une situation de fait.

Wikileaks

Autre sujet de questionnement pour le préposé à la protection des données, les révélations de services tels Wikileaks. Les administrations et l'économie doivent créer les conditions permettant de dénoncer les abus et anomalies sans que l'auteur de l'alerte (»whistleblower» en anglais) ne soit mis au pilori.

Mais on ne peut pas non plus accepter que des innocents soient anonymement noircis. Un dénonciateur doit entreprendre des démarches comme informer les instances parlementaires avant de porter le sujet dans l'arène publique, d'après Hanspeter Thür. (ats)

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