Actualisé 11.09.2008 à 16:19

EspionnageBerne savait qu'il y avait une taupe chez Securitas

L'Office fédéral de la police (fedpol) savait qu'une taupe employée par Securitas s'était infiltrée dans des groupes altermondialistes, lors du somment du G8 à Evian en 2003.

fedpol a découvert «par hasard» les activités d'une taupe de Securitas «lors de l'accomplissement de ses tâches légales en rapport avec le sommet G8 d'Evian», a-t-il indiqué jeudi. Le service d'analyse et de prévention (SAP) a établi la présence d'une personne, proche de groupes anti-globalisation, identifiée plus tard comme une employée de Securitas.

Autres taupes?

Le chef du SAP a rendu attentif la direction de Securitas au fait que de tels agissements pouvaient être problématiques si la personne mandatée ne respectait pas à la lettre les exigences légales. fedpol n'est pas en mesure de dire si Securitas s'est livrée à d'autres infiltrations en Suisse, a dit sa porte-parole Danièle Bersier.

Contrôler les activités de Securitas est en premier lieu une affaire des cantons, selon fedpol. Dans le canton de Vaud, la cheffe de la police Jacqueline de Quattro a justement décidé d'élargir l'enquête.

Enquête étendue

«Par acquis de conscience, je vais quand même étendre le mandat de l'expert désigné en juin par le Conseil d'Etat pour se pencher sur l'infiltration du groupe Attac par Securitas. Cet ancien juge devra déterminer si la police avait connaissance de l'infiltration du Groupe anti-répresion», a-t-elle déclaré à la TSR et dans le «Matin».

Dans le cadre de la première enquête concernant une taupe infiltrée chez Attac pour le compte de Nestlé, la justice vaudoise n'a pas perquisitionné les locaux de Securitas. Selon le juge d'instruction cantonal Jacques Antenen, une «visite domiciliaire» n'est pas automatique, a-t-il dit dans le «Matin bleu». Elle s'évalue de cas en cas.

Conseil fédéral interpellé

Mais le conseiller aux Etats Luc Recordon (Verts/VD) ne veut pas laisser cette question uniquement en mains cantonales et attend que le Conseil fédéral prenne position. Il a déposé une interpellation en juin demandant si les bases légales pour cadrer ce type d'activités sont vraiment suffisantes.

(ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!