Suisse: Berne se prépare aux voitures sans pilote

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L'Office fédéral des routes a mandaté un groupe de travail qui sera chargé de créer le cadre législatif des véhicules autonomes.

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smk/nxp
A l'heure actuelle, Tesla fait partie des marques les plus engagées et les plus avancées dans le pilotage automatique.

A l'heure actuelle, Tesla fait partie des marques les plus engagées et les plus avancées dans le pilotage automatique.

Keystone

L'Office fédéral des routes (Ofrou) a mis sur pied un groupe de travail de huit personnes. Ce dernier doit préparer les adaptations législatives aux voitures sans conducteurs, a confirmé le porte-parole au Tages-Anzeiger.

«Une révision de la Loi fédérale sur la circulation routière devrait démarrer dans le courant de l'année. Et le temps presse, le développement technologique n'attend pas», a déclaré Michael Müller.

Berne pourrait s'inspirer des travaux en Allemagne, qui prévoient un galop d'essai. Michael Müller estime que dans ce dossier, les règles internationales devraient être harmonisées, comme le prévoit la Convention sur la circulation routière de Vienne.

Tout le monde applaudit

Les progrès de l'Ofrou sont salués par tous les bords politiques en Suisse. «Les véhicules autonomes vont venir, sans aucun doute. Nous devons donc commencer à adapter notre cadre légal», estime le conseiller national Walter Wobmann (SO/UDC). Son collègue Jürg Grossen (BE/Vert'Lib) est du même avis, ajoutant qu'on peut «s'inspirer de ce qui se passe en Allemagne».

Auto Suisse, la fédération faîtière des importateurs automobiles, applaudit également. «Nous aurons en Suisse les mêmes véhicules qu'en Allemagne», prévient son directeur Andreas Burgener, qui conseille à la Suisse de prendre le train allemand en marche.

Et en cas d'accident?

Les législateurs devront répondre à une question essentielle: qui est responsable en cas d'accident? Selon l'Allemagne, la responsabilité doit incomber au constructeur si l'utilisateur emploie normalement le véhicule. Un système d'enregistrement des données (BlackBox) dans chaque véhicule devra en apporter la preuve.

Mais dans les faits, il faudra compter plusieurs décennies avant de voir des routes et un trafic entièrement robotisés. Durant les 20 à 30 prochaines années, il faudra compter sur un mélange de véhicules classiques et autonomes, prévoit Andreas Bur­gener.

Cette question n'effraie pas le monde des assureurs. «Nous assisterons à une compétition à qui offrira les produits les plus intéressants», prédit Sascha Türck, responsable produits chez Zurich Suisse. Mais pour y arriver, la branche «a besoin rapidement de règles claires et simples». L'expérience allemande est également suivie de près.

D'ici 5 à 10 ans tout au plus

Parmi les autres problèmes à résoudre figure celui de la protection des données, qui se trouveront dans la BlackBox. «L'enregistrement, la sauvegarde et surtout l'utilisation de ces données doivent avoir une réponse légale», estime Daniel Graf du Touring Club Suisse.

La possibilité de créer à l'avenir une voie supplémentaire réservée à ces véhicules autonomes sur les principaux axes de circulation en Suisse doit également être prise en considération, avance Andreas Burgener chez Auto-Suisse.

Toutes ces questions doivent trouver des réponses rapides, estime-t-on à l'unanimité. «La technologie de ces véhicules progresse plus vite que ce qu'on croit. Ces voitures seront sur nos routes bien avant 2030, plutôt dans cinq à dix ans tout au plus», prévient Sascha Türck chez Zurich Suisse.

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