Actualisé 05.07.2013 à 07:33

Affaire SnowdenBerne traite les dossiers chauds sur PC «offline»

Face à l'ampleur des systèmes d'espionnage étatiques, La Suisse va renforcer sa sécurité. Mais les autorités luttent depuis longtemps contre les écoutes malveillantes.

«Je partais du principe que tout ce que je disais au téléphone, ou tout ce que j'écrivais pouvait tomber en des mains indélicates. Donc je faisais attention à ce que j'écrivais et je prenais des rendez-vous plutôt que de parler au téléphone.» Dans les colonnes du «Temps», l'ancien président de la Confédération Pascal Couchepin détaille les réflexes de base que tout haut fonctionnaire doit acquérir, pour préserver les données sensibles auxquelles il a accès.

L'ampleur du système d'espionnage américain révélé par l'affaire Snowden rappelle combien il est important pour les Etats de se protéger. La Suisse n'a pas attendu ce grand déballage pour se barricader. Ainsi, rappelle le quotidien, lorsque Berne jouait le rôle de médiateur dans le conflit entre l'ONU et l'Iran au sujet du dossier nucléaire, entre 2007 et 2012, ses experts travaillaient sur un ordinateur dépourvu de connexion internet. Des attaques répétées avaient contraint le Département des affaires étrangères (DFAE) d'opérer de la sorte.

Mossad débusqué par une mamie

La Suisse a ainsi à sa disposition tout un attirail de mesures ou de gadgets qui permet de traiter les dossiers sensibles dans la plus grande discrétion. Les téléphones cryptés sont devenus des accessoires courants. Berne possède aussi un encrypteur, qui permet d'envoyer des messages écrits codés et le DFAE a installé dans son bâtiment une salle étanche, avec brouilleur d'ondes et murs en plomb. Reste que les autorités continuent de renforcer leurs systèmes pour se prémunir des écoutes et des cyber attaques. Quelque 150 millions de fr. vont être investis pour offrir au Département de la défense un nouveau centre de calcul sécurisé.

Mais le gouvernement peut toujours compter sur la vigilance de la population, comme le rappelle Pascal Couchepin au «Temps»: «Il y a dix ans, deux agents du Mossad [les services secrets israéliens, ndlr] qui étaient en train d'installer un système d'écoute à Berne ont été démasqués par une voisine qui trouvait le comportement de ses «ouvriers» inhabituel. Le meilleur service de renseignement peut donc être mis en échec par une vieille dame!» (20 minutes)

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