Actualisé 13.08.2019 à 20:22

Tourisme

Berne: un paradis sans touristes, vraiment?

Selon un article publié par CNN, Berne serait un lieu «pratiquement sans touristes». Mais est-ce réellement le cas?

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sul/vsm
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Le sujet le plus discuté à Berne: les touristes qui photographient la Tour de l'Horloge.

Le sujet le plus discuté à Berne: les touristes qui photographient la Tour de l'Horloge.

Keystone/Lukas Lehmann
L'année dernière, la ville de Berne a enregistré environ 830'000 nuitées dans des hôtels et auberges de jeunesse, soit 10,6% de plus que l'année précédente, un nouveau record.

L'année dernière, la ville de Berne a enregistré environ 830'000 nuitées dans des hôtels et auberges de jeunesse, soit 10,6% de plus que l'année précédente, un nouveau record.

Keystone/Peter Schneider
Dans un article, le portail de voyage recommande des destinations peu prisées.

Dans un article, le portail de voyage recommande des destinations peu prisées.

Screenshot CNN

Que ce soit à Venise, Dubrovnik, Barcelone ou Amsterdam, de plus en plus de villes européennes se plaignent des foules de touristes qui affluent durant la haute saison. Les jeunes voyageurs en particulier tentent d'échapper à ces masses de visiteurs et se demandent où poser leurs bagages.

CNN Travel a répondu à cette demande. Dans un article intitulé «20 beautiful European cities with hardly any tourists» («20 belles villes européennes ne contenant presque pas de touristes»), le portail des voyages recommande des destinations peu prisées. Parmi elles se trouvent des villes comme Anvers, Sarajevo, Aberdeen, Tbilissi et… Berne.

Des visiteurs qui ne font que passer

En 2018, Berne a accueilli environ un demi-million de visiteurs. Cela représente une augmentation de 9,2% par rapport à l'année précédente. Un record. L'organisation touristique «Bern Welcome» s'attend d'ailleurs à une légère augmentation de touristes au second semestre de cette année.

Sven Gubler, directeur de l'organisation, se réjouit que les visiteurs passent du temps dans la capitale suisse mais s'inquiète du nombre de touristes croissant qui ne passent aucune nuit sur place, en particulier dans la Basse-Ville. «Si les touristes ne passent que pour un selfie devant la Tour de l'Horloge, sans rester en ville pour manger, faire du shopping ou dormir sur place, ce n'est certainement pas dans notre intérêt. Cette forme de tourisme n'apporte guère de valeur ajoutée», explique-t-il.

Un point de vue partagé par Barbara Geiser, présidente de l'organisation faîtière «Vereinigte Altstadtleiste». Pour elle, il est important de faire la distinction entre les différentes formes de touristes: ceux qui arrivent en car en masse et ceux qui prennent plus du temps pour s'imprégner de la ville. «Les visiteurs qui arrivent par centaines occupent beaucoup d'espace, mais consomment peu» précise-t-elle. Selon elle, il est donc totalement justifié que Berne occupe une place dans la liste des villes les moins touristiques.

Des influenceurs? Non merci!

Selon Sven Gubler, une grande partie de ce qui peut accroître la popularité d'une ville échappe aux offices de tourisme. «Un article comme celui de CNN pourrait bien amener les lecteurs à mettre Berne sur leur liste de choses à faire», note-il.

Enfin, des exemples tels que la fermeture de l'auberge de montagne d'Aescher montre que les réseaux sociaux contribuent largement à la popularité d'un lieu. «Cependant, nous ne travaillons pas avec des influenceurs qui, par exemple, suggèrent un partenariat payant», termine-t-il.

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