Berne veut mieux soutenir le cinéma d'auteur
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Berne veut mieux soutenir le cinéma d'auteur

L'Office fédéral de la culture (OFC) veut revoir son soutien au cinéma d'art et d'essai.

Dans les quatre prochaines années, il s'agit de renforcer la production du cinéma d'auteur et de lui donner plus de chances d'atteindre le public, ont expliqué vendredi dans le cadre du Festival international du film de Locarno les responsables de l'OFC.

Comparé aux documentaires et aux films grand public, le cinéma d'art et d'essai peine à trouver son public, relève l'OFC. La section cinéma va plancher sur une réforme visant à augmenter et mieux canaliser les moyens financiers alloués au développement et à la production des films d'art et d'essai, qui constituent en moyenne les deux tiers de la production annuelle.

Même si le cinéma suisse gagne l'intérêt de son public de manière croissante depuis quelques années, le nombre de spectateurs qui vont voir un film suisse en Suisse reste faible par rapport aux scores des autres cinémas nationaux en Europe. Si les productions grand public affichent une moyenne d'entrées supérieure à 50.000 entrées par film, les productions d'art et d'essai présentent une moyenne de quelque 5.000 entrées.

La réforme vise à assurer au moins 10.000 entrées à un film d'art et d'essai, a expliqué Nicolas Bideau, chef de la section cinéma de l'OFC. Ces films sont «pas mal du tout en termes de créativité, mais ils sont souvent tournés trop tôt». Les dossiers doivent être évalués de manière plus stricte et le soutien financier accru, car les entreprises de production manquent de moyens.

Rallonge

Actuellement, Berne alloue 500.000 francs par an pour le développement de projets d'art et d'essai. Cette enveloppe doit être augmentée de deux millions de francs. Nicolas Bideau espère obtenir du Parlement la rallonge pour la prochaine législature.

Chaque année, l'OFC investit 20 millions de francs dans la production de films, dont la moitié est attribuée au cinéma d'art et d'essai. Dans ce secteur, l'aide à la réalisation, qui suit l'étape de développement, s'élève à 9,5 millions de francs.

Une seule logique

Les changements voulus par Nicolas Bideau correspondent à sa volonté de promouvoir des films «populaires et de qualité». Qu'il s'agisse d'un film destiné au grand public ou d'un film d'art et d'essai, la logique doit être la même. Dans les deux cas, outre la question de la qualité, les producteurs doivent se poser celle du potentiel en termes de public. Un film est qualifié d'art et d'essai s'il est centré autour de l'univers personnel de son auteur. A titre d'exemple abouti, Nicolas Bideau cite «Home» de Ursula Meier.

Au cours de la législature 2008-2011, l'OFC mènera en outre une enquête sur les nouveaux moyens d'expression audiovisuels comme le cinéma numérique. Par ailleurs, alors que le Parlement doit se prononcer à la fin de l'année sur l'agrandissement des dépôts de la Cinémathèque suisse, l'OFC entend mener une réflexion sur la nouvelle politique de conservation de l'institution. (ap)

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