Politique étrangère: Berne veut renforcer ses liens avec la Chine et présente sa stratégie
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Politique étrangèreBerne veut renforcer ses liens avec la Chine et présente sa stratégie

Le Conseil fédéral a approuvé́ sa première stratégie publique pour la Chine. Celle-ci définit les objectifs et les mesures prévues dans le cadre de la politique chinoise de la Suisse pour les années 2021-2024.

par
Christine Talos
C’est le chef du DFAE, Ignazio Cassis, qui est venu présenter à la presse la stratégie du Conseil fédéral face à la Chine.

C’est le chef du DFAE, Ignazio Cassis, qui est venu présenter à la presse la stratégie du Conseil fédéral face à la Chine.

AFP

Le Conseil fédéral veut renforcer la cohérence des activités de la Suisse avec la Chine, annonce-t-il dans un communiqué. Il a approuvé à cet effet sa première stratégie publique pour la République populaire. Ce plan définit les objectifs et les mesures prévues dans le cadre de la politique chinoise de la Suisse pour les années 2021-2024. Un comité de coordination interdépartemental sera créé pour renforcer la cohérence et faciliter l’échange d’informations et d’expériences entre les services fédéraux amenés à traiter avec «l’Empire du Milieu».

La République populaire est le 3e partenaire commercial de la Suisse, rappelle le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) dans un communiqué. «Les relations entre les deux États, régies par un accord de libre-échange, un partenariat stratégique innovant et de nombreux forums de dialogue, sont toutefois marquées par de profondes divergences de valeurs», précise-t-il. «Il est donc essentiel que la Suisse adopte une politique cohérente vis-à-vis de Pékin».

Trois principes

La Stratégie Chine 2021-2024 veut donner un cadre aux liens éclectiques qui unissent la Suisse et la République populaire. Et pour le Conseil fédéral, le meilleur moyen de préserver les intérêts et les valeurs de la politique étrangère helvétique passe par «un dialogue constructif et critique et par des relations diversifiées avec la Chine».

Berne fonde sa politique sur trois principes. D’abord la poursuite d’une politique indépendante. Berne vise une coopération dans tous les domaines où des intérêts suisses sont en jeu et défendra les valeurs fondamentales de la Suisse; ensuite l’intégration de la Chine dans l’ordre international libéral. «Dans les domaines porteurs de valeur ajoutée, la Suisse vise une coordination renforcée avec des partenaires partageant ses vues», souligne le DFAE; enfin Berne vise une approche «équilibrée, cohérente et coordonnée» vis-à-vis de la Chine. À cet égard, le Conseil fédéral encouragera les échanges avec le Parlement, les cantons, les milieux scientifiques, le secteur privé et la société civile.

Respect des droits de l’homme

Le Conseil fédéral a aussi établi des priorités à l’égard de Pékin selon sa stratégie de politique extérieure 2020-2023. Ainsi dans le domaine de la paix et de la sécurité, la Suisse veut exprimer «clairement sa volonté que les relations entre les deux États soient fondées sur le respect des droits fondamentaux individuels», précise le texte. «La question des droits de l’homme doit être évoquée systématiquement dans tous les échanges bilatéraux et multilatéraux avec la Chine», souligne le DFAE.

Modernisation de l’accord de libre-échange

Dans le domaine de la prospérité qui porte notamment sur des sujets tels que le commerce et les investissements, Berne veut un accès «non discriminatoire et mutuellement avantageux» aux marchés des biens, des services et des investissements. Ce qui passe également par la protection et le respect des droits de propriété intellectuelle en Chine, précise le Conseil fédéral. Le gouvernement souhaite par ailleurs moderniser l’accord de libre-échange.

Dans le domaine du développement durable, l’Agenda 2030 des Nations Unies constitue un cadre de référence important pour la coopération avec la Chine. En ce qui concerne les projets d’infrastructure chinois, la Suisse se concentre donc sur les aspects touchant au climat et à l’environnement, à la santé, à un secteur financier durable, aux partenariats et à la coopération au développement.

Enfin, dernier point: la numérisation. «Cette thématique accorde une grande importance à la coopération avec la Chine, mais révèle aussi les difficultés dues aux divergences de valeurs et de systèmes», souligne le Conseil fédéral. Dans ce domaine, la Genève internationale est appelée à jouer un rôle de premier plan.

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