Europa League: Bernhard Heusler veut «continuer à rêver»
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Europa LeagueBernhard Heusler veut «continuer à rêver»

Le président du FC Bâle ne veut pas voir l'élimination à Séville comme un coup d'arrêt. Son club veut continuer à briller, encore et toujours, sur la scène européenne.

par
Tim Guillemin
Séville
Assurer le titre de champion est désormais la priorité des dirigeants du FC Bâle, dont le président Bernard Heusler.

Assurer le titre de champion est désormais la priorité des dirigeants du FC Bâle, dont le président Bernard Heusler.

photo: Keystone/Alexandra wey

Il a pris une sacrée claque jeudi soir, Bernhard Heusler. «L'ambiance, c'était fort. Séville nous a mis une sacrée pression, sur et hors du terrain», relève à juste titre le président du FC Bâle. Comme d'habitude, cet homme très élégant et redoutable d'intelligence ne s'est pas défilé après l'élimination européenne de son FC Bâle. Enchaînant les interviews en allemand, français et espagnol avec une aisance folle, l'avocat de 52 ans, boss du FCB depuis 2012, ne s'est pas caché face aux médias après la partie. Oui, le club rhénan, contraint de vendre ses meilleurs joueurs année après année, a encore du chemin à parcourir pour exister en Europe. Son président l'a admis sans détours. «Ce soir, on a souffert. On aurait dû réaliser le match parfait, sans erreurs, ce qu'on n'a pas réussi à faire. Les erreurs individuelles nous ont coûté cher», explique-t-il. Bâle, privé de plusieurs défenseurs, a montré les limites de son banc, illustrées par la prestation catastrophique de Daniel Hoegh, lequel s'est retrouvé impliqué sur les trois buts sévillans.

Contrairement au club andalou, qui arrive à rester compétitif au plus haut niveau en se séparant de ses meilleurs éléments, Bâle semble moins fort cette saison que les années précédentes. Est-ce également l'avis de son président? «Je ne sais pas. On a quand même réussi un parcours européen qui a été marqué par une phase de groupes d'Europa League terminée à la première place, en allant gagner sur le terrain de la Fiorentina. Et le match retour face à Saint-Etienne restera longtemps dans nos mémoires. De toute façon, quand on arrive dans les tours à élimination directe, on fait partie d'une caste de privilégiés.» Soit. Mais la saison continentale du FC Bâle a surtout été plombée par la non-qualification pour la Champions League, puisque les Rhénans sont tombés face au Maccabi Tel-Aviv en barrages. «C'est une déception, c'est vrai», avoue le patron de Saint-Jacques.

«Les millions ne font pas tout»

Le FC Bâle, d'ailleurs, n'a qu'une envie: retrouver la Champions League le plus vite possible, même si son président admet que le fossé s'est creusé entre les formations «comme la nôtre et les tous grands clubs, c'est-à-dire, le Bayern, le Real et Barcelone. Le parcours qu'on a fait en Europa League, on ne l'aurait pas fait en Champions League, il faut être honnête. Après, je tiens à dire que les millions ne font pas tout. On peut aussi travailler avec l'esprit d'équipe, la cohésion et je crois fermement en la notion du collectif. A ce titre, l'équipe de cette année me plaît beaucoup. Je pense qu'on a le droit de continuer à rêver, même si on n'est pas aussi riches que les clubs que l'on côtoie en Champions League.»

Les retrouvailles avec la compétition reine de l'UEFA devraient ainsi avoir lieu l'automne prochain, après une seule année d'abstinence, puisque l'avance du club rhénan en Super League est telle que le titre 2016 devrait lui être attribué d'ici quelques semaines.

Le champion 2016 directement qualifié pour la phase de groupes de la Champions League

Le FCB, de toute façon, n'a plus que cet objectif en tête, après avoir été éliminé de la Coupe de Suisse en quarts de finale par le FC Sion. «On veut être champions, c'est sûr, mais rien n'est fait. Je le répète jour après jour, mais apparemment, personne ne m'écoute. C'est très difficile de devenir champion de Suisse, cela demande beaucoup d'efforts et nous ne sommes pas encore au bout de la route. Tout le monde croit que cela vient d'un claquement de doigts, mais c'est parce que nous travaillons dur pour conserver notre avance!», continue Bernhard Heusler, avant d'adresser un message clair à ses joueurs. «Je veux que les joueurs restent concentrés à 100% sur cet objectif car le champion de Suisse 2016 sera directement qualifié pour la phase de groupes de la Champions League. Et ça, c'est important», termine le boss, qui le dit clairement: une année sans «grande» Coupe d'Europe, ça va. Deux, ce serait trop.

Se voit-il franchir un palier et terminer dans les deux premiers de son groupe la saison prochaine? «Notre idée, c'est d'être toujours européen au printemps, chaque année», continue-t-il. En clair, une troisième place du groupe serait satisfaisante, car elle ouvrirait les portes de l'Europa League, une compétition peut-être plus à la mesure de ce FCB. Même s'il vient de s'en faire éjecter sans ménagement ce jeudi.

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