Actualisé 08.01.2016 à 11:22

Cabinets médicauxBerset prêt à tout étudier pour contrôler les coûts

Face à la fin du moratoire sur les cabinets médicaux, il accepte d'envisager de nombreuses pistes.

Alain Berset n'est pas opposé au fait de trouver une solution urgente.

Alain Berset n'est pas opposé au fait de trouver une solution urgente.

photo: Keystone/Archives

Dès le 1er juillet, les cantons ne pourront plus instaurer de moratoire sur l'ouverture de cabinets médicaux. Le ministre de la santé Alain Berset assure vouloir soutenir tous les travaux pour prévoir et contrôler les coûts, mais de nombreuses pistes le laissent sceptique.

Le casse-tête du pilotage de l'offre médicale ambulatoire reste entier car le National a enterré en décembre un projet pour pérenniser le moratoire utilisable seulement jusqu'à fin juin 2016. Un revers pour les assurés, avait réagi tout de suite Alain Berset: «Il faudra compter avec une arrivée importante de médecins spécialistes, ce qui fera augmenter les coûts de la santé, et donc les primes».

Dans une interview diffusée vendredi dans 24heures et La Tribune de Genève, le ministre se défend d'être énervé et se dit prêt à reprendre des solutions si elles n'ont pas été assez étudiées. «Je suis toujours disposé à travailler de manière très constructive avec tous les acteurs concernés, mais on a aussi besoin d'une certaine fiabilité des acteurs en question», glisse le socialiste.

Les cantons réclament une nouvelle solution urgente. Alain Berset n'y est pas opposé, mais se demande si le Parlement souhaite le faire. «On verra», dit-il.

Idées non majoritaires

Selon lui, permettre aux caisses maladie de choisir les médecins dont elles rembourseraient les coûts comme le souhaite la droite est une idée dont on peut discuter, mais «personne ne nous a montré comment ce serait faisable et surtout comment cela serait majoritaire». C'est de toute façon «un projet à un long terme».

Le socialiste n'est pas non plus convaincu par l'idée de caisses publiques cantonales relancée par son parti. Elle «n'est pas majoritaire sur le plan fédéral et je ne suis pas sûr qu'elle permette de corriger le fond du problème». Car quel que soit le nombre d'assureurs, le vrai défi reste le contrôle des prix des médicaments, de coûts de l'ambulatoire et des coûts hospitaliers.

Réviser les tarifs médicaux

Le PLR veut réduire les coûts de la santé grâce à une révision des tarifs médicaux. Passer en force ne permettra pas d'imposer une solution durable, objecte Alain Berset. Le Conseil fédéral est intervenu pour revaloriser pour 200 millions de francs les prestations des médecins de famille, mais les spécialistes semblent avoir corrigé ce manque à gagner par une augmentation des quantités.

Le ministre de la santé a aussi des soucis côté médicaments. Le Tribunal fédéral a retoqué la méthode de l'Office fédéral de la santé publique pour contrôler le prix des produits thérapeutiques, l'estimant lacunaire. Alain Berset refuse d'y voir un revers: selon lui, l'arrêt concerne l'ancien droit, le tir a été corrigé depuis mi-2015 et cette décision ne va pas forcément faire remonter le prix des médicaments. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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