29.03.2020 à 09:49

Lausanne face au coronavirus

Besoin d'argent pour financer l'aide d'urgence

La Fondation Mère Sofia a dû augmenter ses activités en raison de la situation sanitaire qui affecte de nombreuses personnes. Mais les subventions et les dons reçus ne suffisent plus.

de
Frédéric Nejad Toulami
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Le 18 mars dernier, SDF et démunis faisaient la queue sur la place de la Riponne pour obtenir un repas.

Le 18 mars dernier, SDF et démunis faisaient la queue sur la place de la Riponne pour obtenir un repas.

Jean-christophe Bott/keystone
Les gens font la queue à distance sociale recommandée avant d'être servis au stand de la Soupe populaire.

Les gens font la queue à distance sociale recommandée avant d'être servis au stand de la Soupe populaire.

Frédéric Nejad Toulami
Boissons et repas sont distribués à partir de 19h30

Boissons et repas sont distribués à partir de 19h30

Frédéric Nejad Toulami

Vendredi passé, peu avant 20h, des dizaines d'individus se détachent de la pénombre qui règne sur la place de la Riponne, autour d'une tente blanche dressée par la Fondation Mère Sofia. Ici, des bénévoles servent chaque soir depuis le 15 mars boissons, et repas chauds pour les plus démunis. «Nous avons dû déplacer la Soupe populaire ici afin de respecter les nouvelles exigences sanitaires en raison du risque de contagion en cas de promiscuité», explique Véronique Eichenberger, porte-parole de la fondation. Au sol, des rubans adhésifs jaunes indiquent les distances à respecter entre chacun dans les files pour être servi. Puis les gens sont invités à se déplacer pour ne pas créer de groupe.

«Urgence absolue dans tous les domaines»

En plus de la Soupe populaire, Mère Sofia gère aussi la livraison à domicile de repas chauds pour les personnes défavorisées ou âgées, afin d'éviter qu'elles ne sortent de chez elles, ainsi que des lieux d'accueil d'urgence nocturnes pour les sans-abri, qui se sont multipliés ces derniers jours. Financée par des subventions de la ville de Lausanne et du canton de Vaud ainsi que par des donateurs, la fondation a dû augmenter son nombre d'activités ces dernières semaines, et donc son personnel et le taux d'activité. «Notre budget habituel ne nous suffit plus à faire face à cette situation extraordinaire avec une urgence absolue dans tous les domaines», alerte Véronique Eichenberger. Si le nombre de bénévoles est suffisant, une aide financière est vivement souhaitée pour accomplir leurs tâches.

Toxicomanes exposés

Ce même vendredi soir, impossible de louper la dizaine de personnes toxicomanes qui hantent cette place de la Riponne. Près des wc publics, où certains continuent à se rendre, malgré l'obscurité de la cabine en libre accès, pour consommer des drogues, ou devant le Distribus où ils obtiennent des seringues propres, aucun n'est attentif à rester à distance d'autrui. Les risques de contamination du coronavirus sont alors plus élevés parmi ces individus. Et aucun policier n'a été visible de 20h à 20h40.

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