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TessinBeuveries sur les pistes: une station hausse le ton

En cette période de carnaval, il arrive que des skieurs avinés sèment
la pagaille. A Bosco Gurin, on prend des mesures.

par
joc
Le directeur de la petite station tessinoise confisquera l'abonnement des fauteurs de trouble.

Le directeur de la petite station tessinoise confisquera l'abonnement des fauteurs de trouble.

Carnaval a pris ses droits depuis la mi-janvier au Tessin, pour le plus grand bonheur des fêtards. A Bosco Gurin, petite station de ski du val Maggia, on rigole un peu moins. En cette période festive, il arrive en effet que des skieurs ivres ou sous l'emprise de stupéfiants viennent semer la pagaille sur les pistes.

Histoire de mettre ces fauteurs de troubles au pas, le directeur de la station a mis en place une mesure radicale: le skieur indiscipliné est averti une fois et s'il récidive, il dit adieu à son abonnement de ski. Et ce pour tout l'hiver. «En haute saison et surtout durant carnaval, il y a des risques que cela arrive, même en journée. Ce sont des comportements sur lesquels on ne transige pas», explique Giovanni Frapolli à tio.ch.

«En principe, ils vont faire la fête en bas»

Côté romand, le son de cloche est différent: «On a beau être en Valais, ce genre d'incident est rarissime», s'amuse Gilles Praplan, directeur de Télé Anzère. Il précise que dans les buvettes, les consignes sont strictes. A la fermeture des pistes, tous les skieurs sont priés de quitter les lieux. «En principe, ils vont faire la fête en bas, une fois la journée terminée», rassure le Valaisan, qui ajoute que le cas échéant, son équipe a l'obligation de raccompagner le skieur ivre jusqu'au pied des remontées mécaniques.

Pascal Bourquin, directeur des remontées mécaniques de Grimentz-Zinal, assure lui aussi que l'alcool sur les pistes n'est pas un problème: «Avec Via Sicura, les gens font attention.» Il précise cependant avoir déjà dû retirer l'abonnement à des personnes ayant mis la vie d'autres individus en danger, notamment à cause du risque d'avalanche. «Mais jamais à cause de la vitesse ou de l'alcool», souligne-t-il.

«L'alcool n'est pas un problème sur les pistes»

Leslie Taverney, porte-parole du domaine skiable de Crans-Montana, explique que les pistes de ski sont considérées comme un lieu public et qu'aucun contrôle de vitesse ou d'alcoolémie y est effectué. Tout comme Pascal Bourquin, elle note cependant: «Si le comportement du skieur peut mettre en danger d'autres usagers, nous avons le pouvoir de retirer le titre de transport. Mais à ma connaissance nous ne l'avons encore jamais fait parce que la personne avait trop bu ou allait trop vite.»

Pierre Besson, directeur de Télé-Villars, affirme lui aussi que l'alcool ne représente aucun problème sur les pistes. Et aucun abonnement n'a pour l'heure été retiré pour ces raisons.

En Italie, des patrouilles de police, habilitées à infliger des sanctions et des amendes, sévissent sur les pistes de ski. Pour l'heure, le Gouvernement suisse n'en veut pas.

«Adapter son comportement à ses capacités»

Contactée par «20 minutes», Corine Kibora, porte-parole d'Addiction Suisse, note qu'il n'existe aucune loi qui fixe un taux d'alcoolémie à ne pas dépasser sur les pistes de ski. «Par contre, les skieurs sont tenus de respecter des règles de conduite, qui mentionnent notamment le fait d'adapter son comportement à ses capacités, alors que l'alcool brouille précisément le jugement sur ses propres capacités.»

Elle rappelle qu'au cours des dix dernières années, on assiste à «une diversification des activités sur les domaines skiable»: buvettes, mais aussi concerts, festivals, événements, «qui ont tous un lien avec la consommation d'alcool». Et d'ajouter: «Cette évolution devrait inciter les organisateurs à avoir un concept de prévention du risque alcool, en plus des règles obligatoires concernant les débits de boisson.»

Pour finir, elle note que la présence d'alcool dans le sang réduit toutes les aptitudes indispensables à la pratique des sports de glisse: «une évaluation réaliste des conditions de neige et de météo, ainsi que de ses capacités à maîtriser une descente et à réagir rapidement. L'alcool accroît la prise de risques, rallonge les temps de réaction et induit des troubles de la coordination. Le risque de chute augmente.»

Se basant sur des chiffres du bureau de prévention des accidents, elle rappelle qu'on recense en Suisse plus de 51'000 accidents de ski et quelque 15'000 accidents de snowboard chaqie année. «Mais on ne connaît pas la part de ceux où l'alcool aurait pu jouer un rôle.»

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