Bienne, modèle de Lausanne pour soigner ses drogués
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Bienne, modèle de Lausanne pour soigner ses drogués

BIENNE – La vieille ville accueille un local d'injection et un bistrot social. Lausanne s'en inspire.

Reportage

L'ambiance est calme dans la brasserie Yucca vendredi dernier à 11 h. Elle ressemble à n'importe quel débit de boisson avec ses tables, ses discussions de bistrot et son bar. Seule différence: sa clientèle se compose de toxicomanes. La plupart boivent un café ou une bière (l'excès d'alcool est interdit) en attendant l'ouverture du Cactus, le centre de consommation pour toxicomanes. Il est à l'étage. Une porte latérale, au fond de la brasserie, permet d'y monter. «La consommation est encadrée par trois professionnels», explique Eric Moser. «Il y a environ 300 passages par jour. Les règles sont très strictes», ajoute le responsable des lieux. Le centre ressemble à une infirmerie. Il y a deux petites salles, d'une dizaine de places assises, pour la consommation. L'infirmière accueille les toxicomanes et leur remet du matériel propre. Sur les murs, des affichettes rappellent les règles d'hygiène de base. Du matériel d'urgence médicale est à disposition au cas où. «Tout cela a servi à éviter la création d'une scène ouverte de la drogue et à assurer un meilleur suivi des toxicomanes.» Lausanne s'est inspirée de l'expérience biennoise pour son projet de local d'injection et de bistrot social. Le projet sera discuté au conseil communal demain soir. A terme, les Lausannois devront certainement voter sur la question. Au contraire de Bienne, où tout s'est fait dans le calme et le dialogue, selon Eric Moser. Même s'il y a toujours eu des opposants.

Dominique Botti

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