Actualisé 11.04.2020 à 03:29

Monde

Le Covid-19 a fait plus de 100'000 victimes

Le nombre de victimes de la pandémie de coronavirus a franchi ce vendredi la barre des 100'000 personnes, trois mois après l'annonce d'un premier décès en Chine.

Le bilan officiel s'établissait ce vendredi à 19h30 à 100'661 décès.

Le bilan officiel s'établissait ce vendredi à 19h30 à 100'661 décès.

AFP

Plus de 100'000 morts du coronavirus dont plus de 2100 en 24 heures aux États-Unis, tout près de devenir le pays le plus endeuillé, et une épidémie susceptible de ressurgir en cas de déconfinement hâtif: le monde entame samedi un week-end pascal inédit, sans processions ni messes traditionnelles.

Le bilan de la pandémie, qui poursuit sa progression fulgurante et a franchi le cap des 100'000 morts, s'est particulièrement alourdi aux États-Unis, qui recensent désormais plus de 500'000 cas, et ont enregistré un triste record de plus de 2100 nouveaux morts en 24 heures. Avec 18'586 décès liés au nouveau coronavirus recensés vendredi soir par l'Université Johns Hopkins, le pays est sur le point de dépasser l'Italie en nombre de décès (18'849).

Choisir le moment opportun pour rouvrir l'économie des États-Unis sera «de loin la plus grande décision de ma vie», a reconnu le président américain Donald Trump dont le pays abrite le plus grand nombre de cas du nouveau coronavirus.

Comme tous les pays, les États-Unis doivent prendre garde à ne pas lever les mesures de confinement trop tôt au risque de voir une nouvelle flambée de l'épidémie, ni trop tard ce qui pourrait alourdir une facture économique qui s'annonce déjà très douloureuse.

À New York, ville la plus touchée des États-Unis, un hommage a été rendu au personnel hospitalier mort du virus. Une quinzaine de noms ont été égrenés dans le froid par autant de leurs collègues, qui ont déposé leurs photos sur le trottoir, devant l'un des hôpitaux.

Messes sur écran

En ce début de week-end de Pâques, des centaines de millions de chrétiens, reclus chez eux comme la moitié de l'humanité, ont entamé des célébrations inédites, sans fidèles, en particulier sur l'immense place Saint-Pierre de Rome, d'ordinaire noire de monde.

Pour la fête la plus importante de la tradition chrétienne, c'est sur écran que les fidèles suivront les messes d'un pape François confiné. Ils suivront aussi de chez eux la messe de dimanche, qui clôt la semaine pascale.

«Seigneur, ne nous laisse pas dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort, protège-nous du bouclier de ton pouvoir», a murmuré le pape, lors du traditionnel rite du «Chemin de Croix» retransmis en Mondovision depuis une place Saint-Pierre vide vendredi soir.

À Jérusalem, pour la première fois en plus d'un siècle, le Saint-Sépulcre sera fermé au public durant tout le week-end pascal. Une simple messe à huis clos y a été célébrée pour le vendredi saint, qui commémore la crucifixion du Christ.

«Résurgence mortelle»

Outre les États-Unis, les bilans de la pandémie se sont aggravés en France (plus de 13'000 morts) et au Royaume-Uni, où un millier de personnes ont succombé en une journée. Le nombre des décès causés par la pandémie du Covid-19 a également triplé en huit jours en Belgique avec 3019 morts enregistrés. Le Brésil a dépassé les 1000 morts vendredi.

La timide tendance à la baisse de la tension hospitalière dans plusieurs pays montre toutefois que le confinement commence à porter se fruits. Et l'Espagne (près de 16'000 morts au total) a annoncé vendredi son plus bas nombre de morts quotidiens depuis le 24 mars, avec 605 décès.

Pas question pour autant de baisser la garde. Le gouvernement britannique a exhorté au respect du confinement malgré un week-end ensoleillé. Le confinement a été prolongé en Irlande comme en Italie jusqu'à début mai. Et la Turquie, qui déplore aussi un millier de morts, a confiné 31 villes pendant tout le week-end.

Alors que certains pays européens se préparent à la sortie du confinement, dans le sillage de la Chine, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a souligné qu'une levée trop rapide des restrictions «pourrait entraîner une résurgence mortelle» de la pandémie.

Des experts mettent également en garde. «Le pire scénario serait une sorte de fête de la victoire avec tout le monde dans la rue, en train de s'embrasser et de se congratuler», prévient David Lalloo, directeur de l'École de médecine tropicale de Liverpool.

Pour minorer les risques de l'après-confinement, le gouvernement allemand s'apprête à lancer une application mobile, inspirée de Singapour, pour faciliter le suivi individuel des cas et l'identification des chaînes de contamination, alors que l'exploitation des données issues des smartphones suscite un vif débat.

Sur le même thème, Apple et Google ont annoncé vendredi un partenariat pour permettre le suivi numérique des individus ayant été à proximité des personnes infectées «dans le but d'aider les gouvernements et les agences de santé à réduire la propagation du virus», mais «en intégrant la confidentialité et la sécurité des utilisateurs».

Or noir

Alors que le monde s'apprête à vivre la pire crise depuis «la Grande Dépression» selon le FMI, les ministres de l'énergie de pays du G20 ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur une baisse de la production pétrolière, pour contrer la chute des cours entraînée par la pandémie.

En Europe, en revanche, les 27 sont parvenus jeudi à un accord prévoyant 500 milliards d'euros immédiatement disponibles et un fonds de relance à venir d'un montant équivalent. Un sommet européen se réunira le 23 avril pour «jeter les bases d'une reprise économique musclée».

Le Fonds monétaire international a donné son feu vert vendredi à un prêt d'urgence de 745 millions de dollars à la Tunisie, alors que l'ensemble du continent africain risque une grave crise alimentaire.

Quatre mètres

En RDC, aussi touchée par le virus, la résurgence de la fièvre Ebola, avec un nouveau cas détecté à Beni (est), à trois jours de la proclamation officielle prévue de la fin de l'épidémie, suscite l'inquiétude.

Le drame pourrait également empirer au Yémen. En guerre depuis cinq ans, et théâtre de l'une des pires crises humanitaires, le pays a annoncé vendredi un premier cas de contamination de nouveau coronavirus.

Autre nouvelle médicale effrayante: le virus pourrait voyager jusqu'à quatre mètres d'un malade, selon une étude réalisée dans la province chinoise du Wuhan, berceau de la pandémie, et publiée vendredi par les Centres américains de prévention et de contrôle des maladies (CDC). Celle-ci ne précise pas toutefois si la quantité éjectée est suffisante pour infecter un tiers.

Alors que les hommes sont confinés, les animaux eux continuent d'en profiter. Après les dauphins dans les canaux de Venise ou les canards dans les rues de Paris, des rorquals ont fait leur réapparition au large de Marseille, le long des côtes françaises de la Méditerranée. Pour l'astronaute américaine Jessica Meir, qui retrouvera la semaine prochaine une Terre bouleversée après sept mois à bord de la Station spatiale internationale (ISS), «c'est assez surréaliste de voir ce qu'il se passe sur la planète en dessous de nous». «J'ai peur de me sentir plus isolée sur Terre qu'ici»... (nxp/ats)

(NewsXpress)
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