Suisse: Bientôt des rentes AI pour les accros aux jeux vidéo?

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SuisseBientôt des rentes AI pour les accros aux jeux vidéo?

Le «trouble du jeu vidéo» va être reconnu prochainement comme une maladie par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Une décision saluée par des experts en Suisse.

Jennifer Furer/ofu/ats
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Les risques d'addiction liés au «trouble du jeu vidéo» vont être ajoutés à la 11e liste de la Classification internationale des maladies (CIM), publiée en juin 2018.

Les risques d'addiction liés au «trouble du jeu vidéo» vont être ajoutés à la 11e liste de la Classification internationale des maladies (CIM), publiée en juin 2018.

Keystone/AP
La définition courante de ce «gaming disorder» est «un comportement lié aux jeux vidéos sur internet ou hors ligne, qui se caractérise par une perte de contrôle sur le jeu, une priorité croissante accordée au jeu par rapport à d'autres activités, au point qu'il prenne le pas sur d'autres centres d'intérêt», explique M. Jasarevic, porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé.

La définition courante de ce «gaming disorder» est «un comportement lié aux jeux vidéos sur internet ou hors ligne, qui se caractérise par une perte de contrôle sur le jeu, une priorité croissante accordée au jeu par rapport à d'autres activités, au point qu'il prenne le pas sur d'autres centres d'intérêt», explique M. Jasarevic, porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé.

iStock/Igor_kell
Parmi les autres symptômes figurent «la poursuite et l'augmentation de l'activité de jeu malgré l'apparition de conséquences négatives».

Parmi les autres symptômes figurent «la poursuite et l'augmentation de l'activité de jeu malgré l'apparition de conséquences négatives».

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Bientôt, toute personne jouant pendant des heures à des jeux vidéo sans pouvoir s'arrêter et cela malgré l'apparition de conséquences négatives sera considérée comme psychiquement malade (lire encadré). Début janvier, l'Organisation mondiale de la santé a en effet décidé de reconnaître comme maladie le «trouble du jeu vidéo» (Gaming disorder). Les risques d'addiction liés à ce «trouble» vont être ajoutés à la 11e liste de la classification internationale des maladies (CIM), qui sera publiée en juin.

Cette nouveauté pourrait avoir des répercussions en Suisse puisque les autorités sanitaires nationales ainsi que les assurances se basent sur la CIM, écrivent lundi nos confrères de «20 Minuten».

«Donner un nom à cette maladie»

Selon des évaluations du monitorage suisse des addictions, 7% des jeunes âgés entre 15 et 19 ans souffrent d'un usage problématique d'internet. Isabel Willemse, psychologue et psychothérapeute à la Haute école zurichoise des sciences appliquées, salue la décision de l'OMS. Selon elle, il est plus que souhaitable que le «trouble du jeu vidéo» soit enfin clairement défini, notamment pour pouvoir faire la différence entre une personne qui joue beaucoup et une personne qui est réellement accro aux jeux.

Isabel Willemse note par ailleurs qu'une définition précise du trouble peut avoir des effets bénéfiques sur l'aspect thérapeutique. «De nombreux psychologues, qui ne sont pas spécialisés à ce niveau-là, pourront enfin donner un nom à cette maladie et poser un diagnostique avec l'aide des critères définis au préalable.» Pour finir, l'experte pense que cette reconnaissance facilitera la collaboration avec les assurances.

Davantage de diagnostics

Adrien Kay, porte-parole de l'office fédéral de la santé publique, rappelle que dans notre pays les comportements problématiques liés à internet sont d'ores et déjà rassemblés sous un même terme: «En Suisse, l'addiction aux jeux vidéo est pris en compte par la Stratégie nationale addictions. Elle n'est pas considérée comme une maladie, mais comme faisant partie d'un usage problématique d'internet.» L'annonce de l'OMS n'aura donc pas de répercussions directes sur la manière de traiter ce trouble en Suisse. Il pense néanmoins que cela engendrera davantage de diagnostics et une reconnaissance générale de la problématique.

Contacté à son tour, l'Office fédéral des assurances sociales explique que cette nouvelle reconnaissance ne donnera pas automatiquement droit à des rentes AI. «Les prestations AI ne sont pas liées à un diagnostic», précise Corinne Zbären-Lutz, la directrice adjointe du domaine AI. Elle rappelle que seules les personnes en incapacité de gain durable ont droit à une rente AI, tout simplement parce que l'incapacité de gain est assurée et non pas la maladie.

Les symptômes du «trouble du jeu vidéo»

- Perte de contrôle sur le jeu

- Priorité accordée au jeu par rapport à d'autres activités

- Poursuite et augmentation de l'activité de jeu malgré l'apparition de conséquences négatives

Selon les experts de l'OMS, un individu doit montrer une addiction anormale au jeu pendant au moins un an avant d'être diagnostiqué comme souffrant de ce trouble, qui va être classé comme «un comportement addictif»

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