Assurance maladie: Bientôt un 4e pilier pour les soins liés à l'âge?
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Assurance maladieBientôt un 4e pilier pour les soins liés à l'âge?

Alors que les coûts de la santé vont exploser avec le vieillissement de la population, un sénateur PLR lance l'idée d'une assurance obligatoire pour les frais des EMS des seniors.

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cht/nxp
Les coûts pour la santé atteindront 18 milliards de francs à l'horizon 2030, selon le Conseil fédéral.

Les coûts pour la santé atteindront 18 milliards de francs à l'horizon 2030, selon le Conseil fédéral.

Keystone

Le système des trois piliers est à la base de la sécurité sociale en Suisse et doit pouvoir parer à tous les coups durs de la vie et au vieillissement. Le premier représente l'AVS, l'AI et les APG. C'est la couverture minimale. Le 2e, la prévoyance professionnelle, permet de maintenir le niveau de vie, tandis que le 3e, la prévoyance privée non obligatoire, permet de couvrir les besoins supplémentaires.

Aujourd'hui, un sénateur souhaite introduire un 4e pilier pour couvrir les coûts des soins en vue du 3e et 4e âge. Des coûts qui vont exploser ces prochaines années avec le vieillissement de la population. En effet, le conseiller aux Etats Josef Dittli (PLR/UR) a lancé cette idée via une motion qu'il a déposée le 15 décembre dernier à Berne, relève laNeue Zürcher Zeitung lundi.

Il souhaite mettre sur pied un nouveau compte-épargne obligatoire réservé aux frais de santé, un compte qui serait individuel et libre d'impôts. En clair, un 4e pilier ou presque.

Cotisation individuelle

Josef Dittli reprend à son compte une idée de son collègue de parti Joachim Eder qui voulait lui aussi un tel système mais pas obligatoire. Sa proposition avait été refusée par le Conseil fédéral qui estimait que cela représentait surtout un nouveau moyen pour les riches d'épargner de l'argent, alors qu'ils peuvent parfaitement assumer leurs frais de santé.

Alors qu'aujourd'hui, le montant des primes est fixé indépendamment du salaire, Josef Dittli souhaite fixer lui une cotisation individuelle. Et ceux qui ne pourraient pas faire face à cette dépense supplémentaire se verraient accorder des réductions, comme dans l'assurance de base.

Le sénateur uranais ne dit rien sur l'âge à partir duquel les Suisses seraient obligés de cotiser ainsi que le montant des primes. Une proposition du think tank Avenir suisse, très proche de celle du politicien, avait suggéré une prime d'au moins 250 francs à partir de 55 ans. De manière à disposer d'un pactole de 100'000 francs environ, de quoi payer une année d'EMS.

A partir de quel âge?

Josef Dittli espère que sa proposition soulagera le secteur public qui pourra ainsi réaliser des économies en matière de prestations complémentaires et de contributions aux EMS. Les assureurs devraient supporter moins de coûts et pourraient donc revoir les primes à la baisse, croit-il. En revanche, l'Etat engrangerait moins d'impôts puisque cette épargne obligatoire serait libre de taxe. Perte estimée: plusieurs centaines de millions de francs par année.

L'idée de Josef Dittli sera-t-elle suivie? Le sénateur a surtout souhaité pour l'instant lancer le débat, précise-t-il. Mais il espère le soutien du camp bourgeois. Il pourrait même peut-être avoir celui de la gauche. Ainsi son collègue au Conseil des Etats, le socialiste biennois Hans Stöckli est ouvert à la discussion. Il est clair qu'il faut agir, estime-t-il, même s'il s'interroge sur le côté solidaire du financement. L'aspect défiscalisé de ces cotisations est à ses yeux un problème également.

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