Football-Technologie: Bientôt un GPS par joueur? C'est possible
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Football-TechnologieBientôt un GPS par joueur? C'est possible

Le sport de compétition a depuis longtemps compris ce que les données chiffrées pouvaient lui apporter. Faut-il encore pouvoir les collecter.

par
Jean-Philippe Pressl-Wenger
Lausanne et Le Mont ont partagé l'enjeu, mais aucune des deux équipes ne travaille avec les GPS. Pour l'instant.

Lausanne et Le Mont ont partagé l'enjeu, mais aucune des deux équipes ne travaille avec les GPS. Pour l'instant.

Les fans de football se délectent souvent des statistiques en direct fournies par l'UEFA lors des retransmissions télévisées. Mais tous ces chiffres sont également utiles aux entraîneurs et aux préparateurs physiques pour évaluer concrètement les performances de leurs joueurs ou de leurs équipes. Si les technologies basées sur des caméras spéciales utilisées en Champions League sont hors de prix (environ 15'000 euros par rencontre), l'utilisation de GPS peut se révéler moins coûteuse et plutôt pratique.

Les informations de base que l'on peut récolter avec cette technologie comprend la vitesse de course à un moment donné, le nombre de kilomètres parcourus et l'emplacement du joueur en question sur le terrain durant une certaine période (heat map).

Comment analyser ces données ? A quoi servent-elles, au final. Mathieu Degrange, préparateur physique de l'équipe de Suisse M21 et du LS-Team Vaud M18 est convaincu de l'utilité du GPS. «Bien sûr, on peut analyser une performance tactique sur un match, mais c'est également un outil intéressant au moment où l'on teste un joueur avant un éventuel transfert, image-t-il. Si vous testez deux numéros six par exemple, vous leur donnez les mêmes consignes et vous les faites disputer chacun une mi-temps d'un match de préparation. Vous aurez très rapidement une idée des qualités et des manques de chacun. Et vous aurez également l'intensité avec laquelle votre éventuelle nouvelle recrue évolue. L'intensité est devenue un élément déterminant dans le football de haut niveau, et avec un GPS vous pouvez la mesurer.»

Les clubs romands encore réticents

Les clubs romands de Super League et de Challenge League n'ont pas encore recours à ce genre de boîtier GPS. « Pour l'instant, au LS, nous n'utilisons pas de technologie GPS, principalement pour des raisons financières, explique Patrick Legain, préparateur physique du Lausanne-Sport. Je n'y suis pas opposé sur le principe et si Mathieu Degrange, que je connais bien, venait vers moi pour me convaincre, je serais disposé à l'écouter. D'autres clubs l'utilisent et je vois cette technologie d'un bon oeil, mais je la prendrai plutôt comme un complément utile, pas une fin en soi. Il y a d'autres choses qui sont importantes et qu'il ne faut pas oublier. Je pense au ressenti, au travail au quotidien».

A Genève, le Président Hugh Quennec a toujours clamé haut et fort que le Servette FC devait se doter d'un staff technique qui soit à la pointe de la technologie pour pouvoir utiliser des «méthodes modernes». Pourtant, l'équipe du bout du Lac n'utilise pas non plus le GPS. Le staff pléthorique des Genevois (huit personnes) semblerait toutefois ouvert à l'introduction de cette technologie.

Trois Vaudois rendent le GPS accessible

Une avancée intéressante a eu lieu. Trois jeunes Vaudois, passionné de foot et de technologie ont uni leurs forces pour élaborer un boîtier GPS adapté aux budgets de tous les clubs. «Les boîtiers que le FC Bâle utilisent parfois coûtent entre 5000 et 7000 francs pièce, explique Julien Moix, un des instigateurs du projet FieldWiz. Avec les nôtres, une équipe peut s'équiper pour 4000 francs environ.» Le boîtier pèse environ 45 grammes et s'insère dans un gilet très léger. Les jeunes entrepreneurs passent par la plate-forme participative indiegogo pour financer leur projet.

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