E-sport : Bienvenue chez T1, l’équipe de la star Faker et fabrique à champions
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E-sport Bienvenue chez T1, l’équipe de la star Faker et fabrique à champions

Une salle d’entraînement sponsorisée par Nike, des nutritionnistes, des cours d’anglais... L’équipe sud-coréenne T1 met le paquet pour que ses recrues marchent dans les pas de sa légende Faker.

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Le bâtiment qui abrite l’équipe T1 propose notamment du merchandising à l’effigie de Faker. 

Le bâtiment qui abrite l’équipe T1 propose notamment du merchandising à l’effigie de Faker.

AFP
Une publicité mettant en scène Faker (à dr.), devant le nouveau bâtiment de l’équipe T1, à Séoul. 

Une publicité mettant en scène Faker (à dr.), devant le nouveau bâtiment de l’équipe T1, à Séoul.

AFP
L’armoire à trophées de T1, l’une des principales structures d’e-sport dans le monde, est bien garnie, avec notamment trois titres lors des Worlds de «LoL». 

L’armoire à trophées de T1, l’une des principales structures d’e-sport dans le monde, est bien garnie, avec notamment trois titres lors des Worlds de «LoL».

AFP

La Corée du Sud est une des principales puissances mondiales de l’e-sport. Un bâtiment de dix étages flambant neuf du quartier chic de Gangnam, à Séoul, abrite le repaire de l’écurie T1, où s’entraînent des dizaines de joueurs professionnels d’une vingtaine d’années ou moins, observant une discipline qui rappelle celle des sportifs traditionnels.

Emploi du temps minuté

«Nous avons une salle de sport, une cafétéria, des cuisiniers... Tout ce dont ces jeunes joueurs ont besoin pour exceller», détaille John Kim, le directeur général de T1. Le quotidien est intense pour les heureux élus, avec une dizaine d’heures par jour avec entraîneurs et préparateurs qui affinent compétences et stratégie en vue du prochain match.

Pour Choi Ellim, qui fait depuis 2019 partie de l’équipe première de T1 avec Lee Sang-hyeok, alias Faker, la vie a bien changé depuis l'époque où il jouait aux jeux vidéo chez lui, pour le plaisir. «Quand c’était un loisir, je pouvais manger quand j’avais faim, dormir quand j’avais sommeil. Mais maintenant, notre emploi du temps est minuté», dit-il. Parmi les obligations, il y a aussi celle de passer un certain nombre d’heures par mois à interagir avec leur cohorte de fans sur les réseaux sociaux comme Twitch ou YouTube.

«L’élite de l’élite»

«Il y a 100 millions de personnes qui jouent chaque mois à League of Legends et pour passer pro, il faut être meilleur qu’eux, appartenir à l’élite de l’élite», dit John Kim. «Pour intégrer T1, il faut être encore au-dessus.»

T1 n’a rien à démontrer puisque l’écurie a remporté à trois reprises avec Faker le titre de champion du monde de «League of Legends» («LoL»), le jeu le plus populaire. Fondée en 2004 par le géant sud-coréen des télécoms SK Telecom, elle est gérée depuis deux ans par une coentreprise avec Comcast Spectacor, elle-même filiale du géant américain Comcast, lequel possède aussi l’équipe de hockey sur glace des Philadelphia Flyers, en NHL.

Le mois dernier SK Telecom a vendu l’équipe professionnelle de baseball des Wyverns, basée à Incheon, pour 122 millions de dollars avec le projet de concentrer ses investissements sur les «sports futuristes». L’audience de l’e-sport est une de celles qui connaissent la croissance la plus forte. Plus de 100 millions de fans s’étaient connectés en 2019 pour suivre les championnats du monde de «LoL».

«Faker est l’égal de Michael Jordan»

Le secteur de l’e-sport devrait générer un chiffre d’affaires de plus d’un milliard de dollars cette année, en hausse de 15% par rapport à 2020, selon des chiffres de la société Newzoo. Environ 60% proviendra du sponsoring. Nike, BMW et Red Bull font partie des sponsors de T1 et les derniers championnats du monde de LoL étaient soutenus par des marques prestigieuses comme Louis Vuitton et Mercedes-Benz.

L’an prochain, l’e-sport figurera parmi les épreuves des Jeux asiatiques en Chine. Il a cependant essuyé un revers quand le Comité international olympique s’est refusé à reconnaître une instance mondiale de la discipline. Pour John Kim, l’e-sport est aussi compétitif que n’importe quel sport traditionnel, et Faker, «le plus grand de tous les temps», peut à 24 ans être comparé à Michael Jordan ou Tiger Woods. «Il a en lui une telle abnégation», décrit-il. «Il est toujours un super joueur alors que tous ceux qui ont commencé en même temps que lui ont pris leur retraite ou sont passés à autre chose.» Une longévité que John Kim attribue à «sa nature compétitive» et son «intelligence».

(AFP)

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