Vaud: Bières locales dans tous les bistrots: une première étape franchie

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VaudBières locales dans tous les bistrots: une première étape franchie

Le Grand Conseil a réservé un accueil plutôt favorable à une proposition socialiste. Le Conseil d’État va analyser la faisabilité de la proposition.

par
Yannick Weber
Keystone

«Ce postulat, s’il vous fera boire de la bière, il ne mange pas de pain.» La députée PS Jessica Jaccoud, qui a déposé l’an dernier une motion demandant que tous les bistrots et restaurants du canton soient obligés de proposer au minimum une bière vaudoise à la carte (comme ils doivent le faire pour le vin) a provoqué des débats nourris au Grand Conseil mardi. Après avoir transformé sa motion en postulat, moins contraignant pour le gouvernement, les députés ont donné un premier oui au long processus, par 91 voix pour, 20 contre et 21 abstentions.

Pour l’élue socialiste, ce qui est fait pour le vin peut être fait pour la bière. Le gouvernement serait chargé de proposer une définition des bières artisanales et locales, notamment en termes de quantité de production.

De la vaudoise, mais d’ailleurs

Pourtant, une partie du Parlement, surtout côté libéral, s’est montrée plutôt tiède à l’idée et a refusé de mettre sur un pied d’égalité la bière et le vin, qui bénéficie d’un tel coup de pouce légal: «Ce parallèle ne fonctionne pas. Environ 95% des produits utilisés pour la fabrication de la bière sont importés», a noté Patrick Simonin (PLR).

Gilles Meystre (PLR), également président de GastroVaud, n’a pas non plus été séduit: la proposition raterait sa cible. Outre la difficulté de définir ce qu’est une bière vaudoise, et jusqu’à quelle quantité de production elle est artisanale, il relève que la tendance va vers une consommation plus souvent chez les grands distributeurs que chez les restaurateurs. «Il n’y a souvent de vaudois que l’eau et l’origine du producteur, l’orge et le houblon étant très souvent importés», a-t-il ajouté.

Le vin oui, la bière non

C’est surtout pour le principe du libre marché que certains, à droite, s’y sont opposé. «Les brasseurs sont en train de se développer à leur rythme, ce qui est mieux que par grand coup d’accélérateur trop violent», a exprimé Circé Fuchs (Vaud Libre). «La restauration est un marché libre. Ce n’est pas par la contrainte qu’on donne envie. C’est par des actions de promotion, que l’on peut soutenir, auprès du grand public», a ajouté Gilles Meystre.

«Nous aimons le chasselas vaudois, nous voulons aussi pouvoir commander une bière vaudoise. Elles sont tout aussi bonnes que celles qui sont importées par de grands groupes brassicoles après avoir traversé l’Europe en camion», s’est défendue Jessica Jaccoud.

L’élue a reçu un soutien bienvenu du ministre de l’Économie, Philippe Leuba (PLR), jamais à court de sorties savamment sarcastiques: «Pour une fois qu’une députée de gauche ne considère pas l’alcool comme un méfait social, vous devriez vous précipiter et soutenir ce texte», a-t-il lancé à ses collègues de parti qui avaient pris position contre. Le conseiller d’État a estimé que la forme non contraignante du postulat plaidait en faveur d’une acceptation. «Le débat mérite d’être mené», a-t-il conclu.

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