Actualisé 16.05.2008 à 17:14

Birmanie: près de 78 000 morts et 56 000 disparus

La junte au pouvoir en Birmanie a revu à la hausse vendredi le bilan des victimes du cyclone Nargis qui a frappé le pays le 3 mai.

La Croix-Rouge et l'ONU se sont alarmés vendredi de la lenteur des secours à plus de deux millions de sinistrés qui ont tout perdu en Birmanie. Deux semaines après le cyclone, une crise humanitaire de grande ampleur est en cours, alors que le bilan de la catastrophe continue de s'alourdir.

«Nous sommes confrontés à une catastrophe humanitaire exceptionnellement grave», a déclaré le secrétaire général de la Fédération des sociétés de la Croix-Rouge, Markku Niskala, lors d'une conférence de presse à Genève.

Pour les responsables de la Croix-Rouge comme pour ceux des affaires humanitaires de l'ONU, environ un quart seulement des deux millions de sinistrés a reçu jusqu'ici une assistance internationale et il faut faire bien davantage.

Prochains jours cruciaux

«Jusqu'à deux millions de personnes sont touchées et beaucoup d'entre elles n'ont encore ni abris, ni eau potable, ni nourriture et seulement un accès limité aux soins de santé», a souligné Markku Niskala.

«Les prochains jours seront cruciaux», a averti la porte-parole du Bureau des Affaires humanitaires de l'ONU à Genève, Elisabeth Byrs. Elle a fait état de «légers progrès» et de «petits signes de flexibilité» de la part de la junte birmane. Ainsi, le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les Affaires humanitaires va pouvoir se rendre dimanche à Rangoun.

Des diplomates étrangers seront en outre conduits samedi, pour la première fois, vers certaines zones du delta de l'Irrawaddy (sud-ouest) dévastées par Nargis, selon des sources diplomatiques citées par l'AFP. Parallèlement, la télévision d'Etat birmane a affirmé que le bilan du cyclone s'élève désormais à 77 738 morts et 55 917 disparus.

Le responsable des opérations de la Fédération à Genève Thomas Gurtner s'attend à «une détérioration supplémentaire de la situation des sinistrés» dans les jours à venir, en raison des difficultés logistiques et des fortes pluies tombées vendredi. «L'état des routes va encore s'aggraver et chaque jour compte», a-t-il dit.

Jusqu'ici, la Croix-Rouge a pu aider seulement 100 000 personnes, a indiqué M. Niskala. Sur 18 000 équipements pour abris stockés à Rangoun, seulement 5000 ont pu être distribués.

Capacités limitées

Les capacités limitées de l'aéroport de Rangoun, le manque de camions, les routes coupées et inondées dans le delta de l'Irrawaddy et «d'autres obstacles» expliquent ces difficultés. M. Niksala a par contre réfuté les informations sur le détournement de l'aide.

La Fédération internationale de la Croix-Rouge a lancé un appel de 52,8 millions de francs pour aider 500 000 victimes du cyclone pendant trois ans. Elle a désormais sur place 21 expatriés et a pu acheminer 240 tonnes de secours grâce à 21 vols. La Fédération soutient les 27 000 volontaires de la Croix-Rouge de Birmanie.

La Croix-Rouge est «en discussion» avec les autorités de Rangoun pour monter une opération maritime avec la distribution de l'aide par la mer et les bras du delta, a indiqué M. Gurtner. Par contre, elle exclut des largages de vivres par la voie aérienne, «trop risqués».

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a fait parvenir en deux semaines 1200 tonnes de riz, de biscuits et de légumineuses pour 200 000 personnes. Des vols du PAM arrivent désormais tous les jours, mais «la pluie complique le déchargement des secours et l'accès par la route aux victimes est difficile», a indiqué la porte-parole de l'agence, Christiane Berthiaume.

Pas de choléra

Le PAM a obtenu quatre nouveaux visas, ce qui porte à dix le nombre de ses expatriés sur place. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a démenti des cas de choléra. Des informations diffusées à ce propos à Bangkok par du personnel local de l'OMS concernent en réalité des cas graves de gastro-entérite.

«Des cas de diarrhée et de paludisme ont été confirmés, mais pas de choléra», a affirmé une porte-parole. L'UNICEF a mis en garde contre les risques d'exploitation et de violences touchant les enfants, notamment ceux qui ont été séparés de leur famille. (ats)

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