Canada: BlackBerry renonce à sa vente
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CanadaBlackBerry renonce à sa vente

Le spécialiste canadien de smartphone, en difficultés depuis plusieurs mois, a décidé lundi de ne plus se vendre au financier Fairfax et compte lever un milliard de dollars.

Le groupe canadien BlackBerry a finalement décidé de rester indépendant et de ne pas donner suite à la solution de sa cession à son premier actionnaire Fairfax, qui renforce toutefois sa position, a indiqué le fabricant de smartphones lundi.

BlackBerry va procéder à une augmentation de capital réservée de 1 milliard de dollars (0,9 milliard de francs) sous forme d'un emprunt convertible en actions représentant à terme une augmentation de 16% du nombre d'actions en circulation.

Fairfax a fédéré un groupe d'investisseurs pour souscrire à cette augmentation de capital dont il va prendre le quart à sa charge, soit 250 millions de dollars. Fairfax restera donc le premier actionnaire de BlackBerry, lui qui détenait déjà 10% du capital.

Les investisseurs recevront en remboursement de cet emprunt des actions au prix nominal de 10 dollars, ce qui représente une plus-value potentielle de 28,7% sur le cours de clôture de l'action BlackBerry vendredi sur le Nasdaq.

Echecs commerciaux

Le groupe BlackBerry est en proie à de grandes difficultés en raison de ses échecs commerciaux. Le fabricant de smartphones avait annoncé une perte de près d'un milliard de dollars sur le deuxième trimestre et le licenciement de 4500 personnes, soit 40% de sa force de travail.

Pour sortir de cette mauvaise passe, BlackBerry avait alors prévu de se vendre et son premier actionnaire Fairfax s'était donné jusqu'à ce lundi pour trouver des financements lui permettant de payer à tous les actionnaires de BlackBerry 9 dollars par action. Cette offre valorisait le groupe à 4,7 milliards de dollars.

Il apparaît que Fairfax n'a pas réussi à monter le tour de table qui lui aurait permis de sortir le groupe BlackBerry de la Bourse pour se restructurer.

Changement de stratégie

Ce revirement dans la stratégie pour le sauvetage du groupe est accompagné par un changement au niveau de l'équipe dirigeante avec le remplacement du directeur général Thorsten Heins par John Chen nommé pour faire l'interim en attendant «la recherche d'un nouveau président et directeur général», a indiqué BlackBerry. Le patron de Fairfax Prem Watsa, a été nommé patron du comité de surveillance.

«Ce financement prévoit une injection immédiate de fonds à des conditions favorables pour BlackBerry renforçant de façon substantielle la trésorerie», a expliqué la présidente du conseil d'administration Barbara Stymiest.

Le groupe de télécoms met «en place les changements nécessaires pour renforcer l'entreprise» et assurer sa continuité pour ses clients, a-t-elle poursuivi.

Pour le groupe BlackBerry l'emprunt convertible en actions lui permettra de se refinancer avec un taux d'intérêt moins important que si il devait faire appel aux marchés des capitaux. Le groupe a indiqué dans son communiqué que le montage financier serait bouclé dans deux semaines, soit pour le 18 novembre.

Les marchés ont accueilli ces nouvelles froidement. L'action a plongé de près de 20% en tombant à son plus bas historique de 6,40 dollars avant de clôturer à 6,49 dollars la séance sur le Nasdaq (-16,47%). (ats/afp)

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