Actualisé 12.01.2010 à 12:46

Selon son conseiller

Blair voulait une solution diplomatique en Irak

Alastair Campbell, ancien conseiller en communication de Tony Blair, a affirmé mardi devant la commission d'enquête sur l'engagement britannique en Irak que l'ex-Premier ministre avait souhaité jusqu'au bout que la diplomatie l'emporte.

«Tony Blair a pensé, jusqu'au (vote sur la participation du Royaume-Uni à une action militaire à la Chambre des) Communes, que cela pourrait être résolu pacifiquement», a déclaré M. Campbell, ancien «spin doctor» controversé de Tony Blair. Les députés britanniques ont voté en faveur de l'engagement militaire le 18 mars 2003, l'opération internationale a été lancée le 20.

M. Campbell a souligné à maintes reprises que M. Blair souhaitait obtenir un démantèlement, au travers de l'ONU, des armes de destruction massive dont l'Irak était accusée de disposer: «Le Premier ministre a dit clairement tout au long du processus que le désarmement de Saddam Hussein devait se faire au travers des Nations unies».

«Mais lorsque les Français se sont retirés (de la démarche anglo-américaine NDLR), c'est à ce moment que l'action militaire est devenue la seule option», a souligné M. Campbell.

Selon lui, Tony Blair ne s'est pas engagé auprès du président George W. Bush à contribuer à une intervention militaire, lors de la rencontre des deux hommes à Crawford (Texas) en avril 2002, contrairement aux nombreux témoignages dans ce sens devant la commission d'enquête.

«Son instinct était que nous devrions être aux côtés des Américains. Est-ce que cela signifie que vous bâtissez votre politique pour correspondre à la leur? Non», a souligné M. Campbell.

«Je ne partage pas l'analyse selon laquelle il y a eu une modification fondamentale de l'approche politique du Premier ministre à Crawford», a-t-il relevé, insistant sur le fait que M. Bush n'avait pas évoqué d'intervention militaire à ce stade.

Il a néanmoins révélé qu'une «équipe très réduite» au sein du centre de commandement américain de Tampa (Floride) «examinait l'option militaire».

«J'essaie de vous expliquer que le contexte n'était pas un George Bush disant à Tony Blair "Allez, viens Tony, faisons la guerre". Ce n'était pas du tout comme ça», a insisté M. Campbell.

Mais, M. Blair a considéré avec le temps que si Saddam Hussein refusait de détruire ses armes de destruction massive, un face à face était inévitable. «Il n'a pas agi en fonction de ce que George Bush souhaitait. C'était sa véritable conviction qu'il fallait affronter l'Irak à cause de son attitude continuelle de défi envers les Nations unies». (afp)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!