Football - FIFAgate: Blatter: «J'ai été victime de ma bonté»
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Football - FIFAgateBlatter: «J'ai été victime de ma bonté»

L'ancien président de la FIFA sort un livre jeudi, où il tacle et se défend. Le Valaisan affirme dans «L'Equipe» notamment «ne pas avoir été au courant» de pas mal de choses...

par
rca
Sepp Blatter regrette d'avoir trop offert sa confiance.

Sepp Blatter regrette d'avoir trop offert sa confiance.

Keystone/Valentin Flauraud

Jeudi, les fans de football les plus courageux se déplaceront dans leur librairie préférée pour acheter un pamphlet rédigé par Sepp Blatter, président de la FIFA entre 1998 et 2015. Le Viégeois, qui a a connu une petite alerte de santé en début de semaine, y livre sa vérité, dans un livre justement intitulé: «Ma vérité». Il est passé par les colonnes du journal «L'Equipe» pour lancer sa tournée médiatique.

Celui qui a été soupçonné par la justice suisse de gestion déloyale et d'abus de confiance il y a bientôt trois ans assure ne rien regretter, sauf sa capacité à trop faire confiance à autrui. Le Valaisan évoque aussi un «Confederationgate» et non un «FIFAgate». Car pour lui, «les faits reprochés aux gens déjà sanctionnés ne concernent pas leurs activités au sein de la FIFA, mais dans les Confédérations.»

«Victime de ma bonté»

«Marco Villiger (ndlr: secrétaire général adjoint de la FIFA) aurait dû m'avertir, comme d'autres», du contenu du rapport Garcia, sur les conditions douteuses d'attribution des Coupes du monde 2018 et 2022. «Des gens étaient au courant, moi je ne l'étais pas, et je devrais porter le chapeau? J'ai été un président qui n'a pas vu venir ce qui s'est tramé autour de lui»…

Blatter ne s'arrête pas en si bon chemin et, à la question «Vous considérez-vous comme totalement innocent», il fait «du Blatter»: «On ne l'est jamais, sauf celui qui porte ce prénom. Mais je ne suis pas responsable. J'ai dit que j'avais fait des erreurs. La plus grande fut ma facilité à accorder ma confiance à tout le monde. (…) J'ai été victime de ma bonté. Je n'ai pas vu venir le danger.»

Platini, la prima donna

Le Suisse avoue pourtant avoir été au courant de certains méfaits, comme le détournement de fonds destinés au projet «Goal», destiné à promouvoir le football aux quatre coins de la planète. «Au début, on savait que certains trichaient, comme ceux qui s'achetaient des voitures avec l'argent du projet. Il y a aussi eu des choses prévues et non réalisées: on payait et rien n'était fait sur place. (…) Quand ils ont vu l'argent de la FIFA, ils (des ministres) ont essayé de le détourner à leur profit.»

Le Haut-Valaisan en a aussi profité pour habiller son ancien ami Michel Platini pour l'hiver et un bout de l'automne. «J'ai lu son récent entretien dans «Marianne». Traiter les gens de 'clowns'… On ne devrait pas faire ça. Mais Platini est une prima donna, attaque-t-il, avant d'enchaîner: J'aurais dû m'arrêter après le Mondial 2014. J'y ai pensé mais, à l'automne, Platini a dit qu'il ne se présenterait pas. Du coup, le comité exécutif m'a demandé de rester. Fin 2014, certains à la FIFA savaient déjà que la justice américaine était contre nous.»

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