Refus d’accueillir les blessés ukrainiens: Le président du PLR critique la décision de la Confédération

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Refus d’accueillir les blessés ukrainiensLe président du PLR critique la décision de la Confédération

Thierry Burkart critique la décision du DFAE, et donc de son ministre Cassis, de ne pas répondre à la demande de l’OTAN de soigner en Suisse les blessés de guerre ukrainiens.

L’Argovien Thierry Burkart est également conseiller aux États PLR.

L’Argovien Thierry Burkart est également conseiller aux États PLR.

Nicole Philipp

L’affaire de l’accueil en Suisse des blessés de guerre ukrainiens, civils ou militaires, devient de plus en plus délicate pour Ignazio Cassis. La décision de Berne de refuser en mai dernier la demande de l’OTAN de les soigner dans les hôpitaux suisses suscite l’incompréhension, même au sein du propre camp du ministre. En effet, le président du PLR, Thierry Burkart s’oppose à ce choix dans le «Tages-Anzeiger» mercredi.

Pour rappel, le DFAE a rejeté la demande de l’OTAN, contre l’avis des cantons, en évoquant la neutralité à respecter. Si un pays neutre soigne des soldats blessés d’un État en guerre, il doit veiller à ce que ces militaires, une fois guéris ne puissent pas retourner à la guerre, avait-il expliqué. Berne préfère donc apporter une aide sur place.

Il faut accueillir les blessés

Thierry Burkart s’oppose à cette explication. «Je suis d’avis que la Suisse devrait, conformément à sa tradition humanitaire, accueillir et soigner les blessés», indique-t-il au Tagi. Il reconnaît toutefois que la demande de l’OTAN contient des points que la Suisse ne peut pas remplir pour des raisons de neutralité. «Mais cela ne justifie pas un refus total», estime-t-il.

Mardi soir, dans le 19h30 de la RTS, le secrétaire d’État adjoint au DFAE, Johannes Matyassy, a maintenu la position de Berne. Il a expliqué que si l’OTAN avait demandé à la Suisse de prendre en charge les femmes et les enfants uniquement, Berne aurait accepté. «Mais comme la demande est venue par un canal militaire, c’est évident qu’on parlait en premier lieu de personnes militaires», a-t-il expliqué. D’où le refus de Berne.

Contre-proposition à l’OTAN

Thierry Burkart propose du coup de lancer une contre-proposition à l’OTAN. «La Suisse devrait déclarer qu’elle est prête à accueillir des blessés sous certaines conditions», explique-t-il dans le quotidien alémanique. «Les soldats blessés devraient être amenés en Suisse et ne pourraient pas retourner en Ukraine après leur guérison. Pour les civils, en revanche, cela ne pose aucun problème.»

Le sénateur argovien se défend d’attaquer son ministre Ignazio Cassis. «La décision a été prise par l’OFSP. La responsabilité incombe donc au Département de l’intérieur (DFI) (ndlr: dirigé par le socialiste Alain Berset)», accuse-t-il. Faux, précise le Tagi. Selon le journal, le DFI était lui favorable à l’accueil des blessés. C’est bien le DFAE qui a indiqué qu’il ne pouvait pas soutenir la demande pour des raisons liées au droit de la neutralité.

Les blessés libyens avaient été soignés

Le refus de la Confédération d’accueillir des blessés ukrainiens passe mal auprès d’anciens ministres. À commencer par l’ex-conseillère fédérale Ruth Dreifuss qui juge cette décision «choquante». «Le devoir de soigner les malades et les blessés – militaires ou civils – qui ne peuvent être soignés en raison d’une guerre doit l’emporter sur toute autre considération», a-t-elle indiqué à CH Media. Même l’ancien conseiller fédéral PLR, le Neuchâtelois Didier Burkhalter, ne comprend pas. «L’accueil des réfugiés n’a rien à voir directement avec la neutralité, c’est une question de considérations humanitaires fondamentales», indique-t-il également à CH Media. Et la presse de rappeler que lorsqu’il était au DFAE, la Suisse avait accueilli temporairement plusieurs dizaines de mutilés de guerre libyens et les avait soignés dans les hôpitaux helvétiques.

(cht)

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