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Blocher et Meier-Schatz s'expliquent dans les médias

Deux des acteurs principaux de l'affaire Roschacher ont donné leur point de vue dans les médias du week-end.

Christoph Blocher s'est posé une nouvelle fois en victime samedi tandis que Lucrezia Meier-Schatz a souligné dimanche la nécessité de faire la transparence.

«Je suis le seul qu'on attaque», lance le conseiller fédéral dans une interview publiée par «24 heures» et la «Tribune de Genève». Et de nier tout complot contre l'ex-procureur général de la Confédération: «Ce serait très grave de la part d'un ministre de la Justice.»

Reste que ses rapports avec Valentin Roschacher étaient «tendus», ce qui a pu donner lieu à des erreurs. Mais la commission de gestion, qui enquête sur le fonctionnement du Ministère public, ne lui a pas reproché d'avoir commis des infractions pénales, rappelle-t-il.

Le ministre UDC a une autre explication: «On veut me chasser du gouvernement» avec «des méthodes dignes de l'ex-République démocratique allemande. Les gens qu'on ne voulait pas, on les accusait de fomenter un complot.» Or «ce qui s'est déroulé le 5 septembre n'est pas dû au hasard», dit-il au sujet de Pascal Couchepin, de Micheline Calmy-Rey et de Lucrezia Meier-Schatz.

«Tout le monde a intérêt à ce que la transparence soit faite», indique cette dernière dans une interview au «Matin Dimanche». Pour la présidente de la sous-commission de gestion, l'enquête doit se poursuivre afin de garantir la séparation des pouvoir qui est «menacée», selon l'analyse de la sous-commission.

Et de rappeler que tous les conseillers fédéraux sont confrontés à la haute surveillance de la Commission de gestion, «sans pour autant qu'il y ait un éclat» lorsqu'ils ne partagent pas ses analyses. Or «Christoph Blocher a réagi différemment».

La conseillère nationale estime avoir communiqué conformément à la décision de la commission. Mais elle a reconnu publiquement qu'elle n'aurait pas dû répondre à la question des médias sur l'inscription «CB» sur les nouveaux documents.

Le conseiller fédéral et la démocrate-chrétienne se rejoignent sur un point: le climat a changé. «Jamais je ne me comporterais comme cela avec mes adversaires politiques. Cette manière de faire était inconnue jusqu'ici en Suisse», dit le Zurichois, tout en affirmant que la provocation «permet de faire avancer les choses».

Sous protection policière, la St-Galloise constate que les menaces de mort qu'elle a reçues reflètent «l'attitude irrespectueuse de certains acteurs politiques à l'égard d'autrui». Des acteurs qui «dénigrent nos institutions et prônent une culture unique», ajoute-t-elle en faisant allusion à la campagne électorale de l'UDC.

A ce propos, M. Blocher affirme ne pas comprendre pourquoi les réactions aux affiches de l'UDC sont si vives: «Ce sont des discussions de campagne électorale.» S'il ne l'aurait pas faite, il ne juge pas celle montrant des postérieurs de musulmans en train de prier et leur demandant d'utiliser leur tête «aussi incroyablement méchante. C'est finalement assez amusant.»

Quant à savoir si cette campagne «tape-à-l'oeil» va porter ses fruits, le président du PS Hans-Jürg Fehr pense que M. Blocher a 50 % de chances d'être réélu au gouvernement. Une alliance du PDC, du PS et des Verts pour le chasser peut aboutir car ce «culte de la personnalité suscite le rejet dans les classes bourgeoises», analyse-t-il dans un entretien avec la «SonntagsBlick».

M. Fehr est pour le maintien de deux sièges UDC au gouvernement, tout comme Pascal Couchepin. «Nous ne pouvons pas modifier la composition du Conseil fédéral tous les quatre ans», affirme ce dernier dans une interview publiée samedi dans plusieurs titres alémaniques.

(ats)

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