Actualisé 16.10.2008 à 22:07

RevendicationsBlocus à la prison de Champ-Dollon

Les gardiens de prison se préparent au blocus pour obtenir de meilleures conditions de travail.

de
Shahïn Ammane

«Nous allons démarrer notre bras de fer dans les jours à venir, prévient Philippe Véronèse. Tant que le Conseil d'Etat ne nous respecte pas, nous n'avons plus de raison de respecter notre uniforme. Nous travaillerons en habit de ville.» A titre de symbole, le syndicaliste, représentant les gardiens de prison, entend envoyer au conseiller d'Etat Laurent Moutinot un T-shirt de l'uniforme de fonction.

Avec ses collègues «très chauds», il menace aussi de bloquer le portail de la prison, «le temps qu'il faudra». Empêchant du même coup toute entrée ou sortie, «hormis les urgences et les visites aux détenus», nuance-t-il.

La cause de ce branle-bas de combat revient, selon lui, aux autorités, «qui dénigrent depuis trop longtemps la pénibilité de notre travail et qui ont refusé d'entrer en matière sur les primes, lâche-t-il. Les salaires inchangés depuis vingt ans doivent aussi être négociés dans les plus brefs délais.»

En sous-effectifs chroniques, avec une population carcérale de 470 détenus au lieu de 270 à gérer, les gardiens de prison viennent encore de perdre six collègues qui ont échoué au brevet fédéral. «Comment assurer la sécurité lorsque trois gardiens s'occupent de près de 100 détenus?» s'interroge Philippe Véronèse.

Le directeur de Champ-Dollon, Constantin Franziskakis, comprend ces revendications. Mais s'il avoue être sans compétences pour négocier les salaires, il veillera en revanche au bon fonctionnement de son établissement.

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