Crise financière: BNP Paribas reprend Fortis en Belgique et au Luxembourg
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Crise financièreBNP Paribas reprend Fortis en Belgique et au Luxembourg

La redistribution des cartes se poursuit dans le paysage bancaire européen. C'est finalement le géant français BNP Paribas qui vole au secours du bancassureur belgo-néerlandais Fortis.

Le numéro un bancaire de l'Hexagone va prendre le contrôle de l'essentiel des activités de Fortis en Belgique et au Luxembourg pour 14,5 milliards d'euros (22,5 milliards de francs). Il deviendra ainsi la première banque de dépôts de la zone euro.

Cet accord pour sauver Fortis, confronté à de gros problèmes de liquidités suite à la crise financière, vient conclure d'intenses tractations avec les Etats belge et luxembourgeois. Les dirigeants bancaires et politiques l'ont présenté à la presse dimanche soir.

Belgique 1er actionnaire de BNP

En échange de l'intervention de BNP Paribas, la Belgique prend 11,7% de son capital, a annoncé le directeur général du numéro un bancaire français, Baudouin Prot. L'Etat belge devient ainsi le premier actionnaire de BNP - devant l'assureur Axa - et deux de ses représentants entreront au conseil d'administration.

Dans le détail, BNP Paribas rachète les trois quarts de Fortis Bank en Belgique. L'Etat belge voit sa part fondre de 49% à 25% mais garde une minorité de blocage lui laissant un mot à dire sur les décisions stratégiques, a indiqué le premier ministre Yves Leterme.

BNP Paribas reprend aussi 100% de Fortis Assurance en Belgique. Il contrôlera en outre 67% de Fortis Luxembourg alors que le gouvernement du Grand-Duché conserve 33%. Quant aux activités néerlandaises de Fortis, elles ont déjà été nationalisées la semaine passée par le gouvernement des Pays-Bas.

Dans la foulée, le gouvernement luxembourgeois va lui aussi devenir actionnaire du groupe français. Il verra sa part dans Fortis Luxembourg descendre de 49% à 33% et détiendra 1,1% de BNP.

Au final, le périmètre d'acquisition des activités de Fortis par BNP Paribas comprend un réseau de 1458 agences en Belgique, au Luxembourg, en Pologne, en Turquie et en France, ainsi que le réseau Fintro en Belgique (gestion patrimoniale).

Il comprend aussi les activités d'assurance en Belgique, ainsi que les activités de banque privée, de banque commerciale et de crédit à la consommation situées hors des Pays-Bas.

Portefeuille toxique isolé

Par ailleurs, un portefeuille de produits structurés «toxiques» de Fortis de 10,4 milliards d'euros a été isolé dans une structure ad hoc. BNP Paribas en détiendra 10%, l'Etat belge 24% et Fortis 66%.

Le groupe français financera l'ensemble de l'opération en émettant 132,6 millions d'euros d'actions nouvelles à 68 euros par titre - soit 9 milliards d'euros - et le reste en cash.

BNP Paribas estime que le rapprochement devrait générer d'ici 2011 des synergies annuelles de coûts d'environ 500 millions d'euros. Les coûts de restructuration sont évalués à 750 millions.

Fortis est l'une des premières grandes banques européennes à flancher sous l'effet de la crise financière mondiale. Elle avait acquis une participation coûteuse dans ABN Amro au plus haut du marché l'an dernier (24,2 milliards d'euros), peu avant l'éclatement de la bulle. Résultat: un bilan affaibli et des difficultés à emprunter de l'argent pour financer l'opération. (ats)

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