Mondial 2010: Boateng et Gyan: l'enfant adopté et le fils prodigue
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Mondial 2010Boateng et Gyan: l'enfant adopté et le fils prodigue

Le Ghana doit sa qualification pour les quarts du Mondial-2010 à deux buteurs, un fils adopté, et un enfant prodigue.

La première sélection de Kevin Prince Boateng (à droite) est vieille de trois semaines, Asamoah Gyan répond enfin aux attentes. (Photo: AFP)

La première sélection de Kevin Prince Boateng (à droite) est vieille de trois semaines, Asamoah Gyan répond enfin aux attentes. (Photo: AFP)

Le club français de Rennes peut se faire du souci. Son attaquant Gyan crève l'écran. Après ses deux penalties en poules, il a décroché la victoire d'une jolie frappe du gauche, au moment où son équipe craquait.

Après des saisons de doutes nés de blessures et de critiques au pays, l'attaquant donne raison à ses admirateurs, comme l'ancien sélectionneur du Ghana Claude Le Roy, qui voyait en lui un «mélange de Drogba et d'Eto'o».

Brillant lors du Mondial-2010, il avait déçu lors de la Coupe d'Afrique des Nations 2008 et avait été sur le point de claquer la porte des Black Stars. Mais une bonne CAN-2010 et une fin de saison aboutie avec Rennes, annonçaient ce Mondial.

Toutefois, la révélation, c'est Boateng. Avec le forfait de Michael Essien, le Ghana avait perdu un guide. Le milieu de 23 ans, a repris le flambeau avec culot, intenable en première période et ouvrant le score d'une frappe autoritaire.

Quel coup du sélectionneur Milovan Rajevac ! International allemand chez les jeunes, cet enfant de Berlin annonce en juin 2009 qu'il opte pour le Ghana de son père.

L'Allemagne tourne le dos au gamin «bling bling» et la défiance se transforme en haine quand son tacle terrible en finale de la Coupe d'Angleterre -il joue à Portsmouth-, prive de Mondial le capitaine de la Nationalmannschaft, Michael Ballack.

Deux semaines plus tard, à Londres contre la Lettonie, Boateng se trouve une nouvelle «famille». «C'était son premier match et il a joué à un poste qui ne lui est pas familier mais il s'en est sorti. C'est le rôle que je veux lui donner», commente alors Rajevac.

L'accent allemand reste perceptible mais Boateng, réputé individualiste, s'est fondu dans le moule sur le terrain et en dehors, participe aux rituels ghanéens, ces conciliabules en cercle, ces prières collectives.

«Essien est un très bon joueur», reconnaît le milieu Tony Annan. «Mais Kevin-Prince m'a fait franchir un pallier. Nous communiquons beaucoup, nous taclons tous les deux et nous nous efforçons d'assurer de bonnes passes.»

Relégué avec Portsmouth, Boateng semble à l'abri de l'anonymat de la 2e division anglaise. La Lazio Rome s'intéresserait à lui. (afp)

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