Actualisé 27.03.2008 à 19:14

Boccolini: «J'ai lancé un appel au secours»

L'ex-animatrice du «Maillon faible» évoque sa stérilité dans un livre à la fois fort, drôle et touchant.

Il y a des livres comme ça qui laissent des traces. Le dernier ouvrage de Laurence Boccolini en fait partie. «Puisque les cigognes ont perdu mon adresse…», qui vient de paraître aux Editions Plon, est le récit autobiographique d'une femme qui a désiré ardemment devenir maman, en vain.

Sans tabou et avec une franchise rare, Laurence Boccolini découvre son intimité et son désarroi, elle qui a tout essayé pour tomber enceinte durant cinq ans. Si le témoignage atteint sa cible, c'est aussi parce qu'il est soutenu par l'humour. L'actrice de la série «Mademoiselle Joubert» sur TF1 n'oublie pas de rire, même quand la douleur est aiguë. Résultat: on entre au cœur de la lutte d'une «Desperate Housewife». Le cri d'une femme qui a du cran.

Invitée par «20 minutes» en direct dans l'émission «Les patriotes» sur Rouge FM, Laurence Boccolini s'est confiée longuement sur son livre.

− Pourquoi avoir voulu évoquer ce sujet de la stérilité?

− Je l'ai fait pour moi. Histoire de lancer dans le ciel un appel au secours, au cas où une fée Clochette aurait la solution. Et puis je voulais partager ces quelques pages avec ces milliers de femmes qui vivent dans la même situation, pour leur dire à quel point moi aussi je me suis sentie seule et coupable de ne pas avoir réussi à fabriquer mon bébé.

− Ce sujet est-il tabou?

− Totalement. Il y a une vraie chape de plomb autour de l'infertilité. Et pourtant c'est une pathologie comme une autre. Il n'y a pas de honte à en parler. Mais dans notre société être infertile reste très culpabilisant. Se reproduire est la chose la plus naturelle qui soit, alors quand on est incapable de le faire, on se sent comme exclue de la vie, de la nature et de son propre milieu social.

− Récemment Eric Naulleau, le chroniqueur de Laurent Ruquier, vous a arraché des larmes après vous avoir attaquée en prétendant, à tort, que votre livre n'était qu'un autre «bouquin de people» qui n'avait pas de raison d'être publié…

− Pire que ça. Selon lui, je fais du «terrorisme utérin»… Je n'ai rien compris à cet argument. En fait, je crois avoir payé pour tous les people qui sortent des livres. Si j'avais été une illustre inconnue, spécialiste du cinéma tchèque, il aurait trouvé mon livre «bouleversifiant». Mais voilà, je venais de TF1, alors beurk. Il fallait automatiquement me casser.

− J'ai lu votre livre le jour où j'ai appris ce nouvel infanticide en France. Une femme a mis au congélateur son bébé après l'avoir tué. Comment vous, qui désirez ardemment un enfant, réagissez à cette terrible nouvelle?

− D'abord, ne connaissant pas la situation, la pathologie et les motivations de cette personne, je ne peux porter aucun jugement. Toutefois je ne l'excuse pas. Forcément d'autres femmes infertiles ont eu la même première réaction épidermique que moi: «Si tu ne voulais pas de cet enfant, il fallait nous le donner...» Mais après cette première réaction irréfléchie on imagine que la situation de cette mère était plus compliquée que ça. Au final, oui, on a l'impression que le destin est injuste. Mais je ne peux rien faire contre et encore moins juger.

− Dans votre livre, on rit beaucoup aussi. L'humour vous a-t-il sauvé du désarroi?

− Oui. Si vous n'avez pas l'humour, vous coulez tout de suite, et vous entraînez vos proches dans votre chute. L'humour c'est le recul. C'est ma bouée de sauvetage.

− On rit beaucoup quand, pour faire votre introspection, vous recontactez vos petits amis…

− Je voulais savoir pourquoi la vie me punissait de ne pas être mère. Qu'avais-je fait pour que ça tombe sur moi? Alors j'ai rappelé mes ex. Bon, je ne suis pas Pamela Anderson, la recherche a été vite effectuée: j'ai contacté trois personnes. Le mot qui revenait à mon propos sans que mes ex se soient consultés était: «casse-couilles». Je me suis dit que je l'avais bien cherché! Après quoi, ils ont tenté de me rassurer comme ils pouvaient…

− On rit aussi quand vous rencontrez sur une plage le chanteur Renaud et sa femme Romane enceinte de huit mois…

− Quand vous n'avez pas de bébé, vous croyez à tous les conseils débiles. Parmi eux, il y avait celui-ci: «Si tu t'assieds tout de suite sur une chaise qu'une femme enceinte vient de quitter, tu tombes enceinte dans les trois mois». Alors quand Renaud et Romane ont quitté leur transat, mon mari et moi on s'est regardés, et il m'a lancé: «Vas-y!» J'ai bondi comme un lièvre sous ecstasy en perdant une tong et en me déchirant le mollet sur le plastique du transat. C'était débile. Et les touristes allemands qui m'ont vue m'ont prise pour une folle!

Pascal Pellegrino

«Puisque les cigognes ont perdu mon adresse…», de Laurence Boccolini, Ed. Plon.

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