Pourparlers: Bogota veut reprendre le dialogue avec l’ELN à Cuba

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PourparlersBogota veut reprendre le dialogue avec l’ELN à Cuba

Le nouveau président colombien, Gustavo Petro, a émis le souhait de reprendre les pourparlers avec l’ELN, interrompus depuis 2019.

Le président Gustavo Petro, en Colombie, le 10 août 2022.

Le président Gustavo Petro, en Colombie, le 10 août 2022.

AFP

Le gouvernement colombien souhaite reprendre le dialogue avec la guérilla de l’Armée de libération nationale (ELN) avec l’aide de Cuba, a annoncé jeudi à La Havane le ministre colombien des Affaires étrangères Alvaro Leyva.

«Nous aspirons à reprendre le dialogue avec l’Armée de libération nationale (ELN) dans cette terre de paix afin d’entamer le chemin proposé» par le président Gustavo Petro pour parvenir à la paix, a déclaré Alvaro Leyva lors d’une conférence presse avec son homologue cubain Bruno Rodriguez.

Ce dernier a indiqué que Cuba voyait «une opportunité de reprendre le dialogue (avec l’ELN) et d’avancer vers la paix» et que l’île se mettrait «au service des parties». Une délégation du gouvernement colombien s’est rendue à Cuba pour évaluer la volonté de paix de l’ELN, avait déclaré plus tôt dans la journée le président Gustavo Petro, qui avait exprimé son souhait de reprendre les pourparlers avec la guérilla.

Accord de paix signé en 2016

Gustavo Petro a déclaré à la presse qu’il avait autorisé le chef de la délégation, Danilo Rueda, à «prendre des contacts» avec les chefs de la guérilla, installés à La Havane depuis 2018, afin de relancer les négociations de paix, interrompues par l’ancien président Iván Duque (2018-2022).

«Nous allons évaluer, il y a beaucoup de rumeurs, de communiqués, de déclarations favorables aux trêves, de possibilités de paix, mais il s’agit maintenant de voir si c’est vrai», a indiqué le premier président de gauche de Colombie.

Après la signature d’un accord de paix historique avec l’ex-guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes) en 2016, des négociations avaient été entamées avec l’ELN l’année suivante sous la présidence du prix Nobel de la paix Juan Manuel Santos (2010-2018), d’abord à Quito puis à La Havane.

Mais elles ont été interrompues par son successeur, le conservateur Iván Duque, après un attentat contre l’école de police à Bogotá, lors duquel 22 cadets, en plus de l’agresseur, avaient été tués en janvier 2019.

Regain de violence

Le nouveau président colombien n’a pas décidé si les nouveaux pourparlers se tiendraient aussi à Cuba. Le président du Chili, Gabriel Boric, a déclaré lundi que son pays serait garant de ces négociations.

Malgré l’accord de paix en 2016 qui a permis la démobilisation de la majorité des combattants des FARC, la Colombie connaît un regain de violence de la part de dissidents et groupes armés qui se disputent le contrôle du trafic de drogue et de l’extraction minière illégale.

Selon les autorités, l’ELN compte actuellement quelque 2500 membres, contre environ 1800 au moment des négociations. Elle est surtout présente dans la région du Pacifique et à la frontière avec le Venezuela.

La Colombie normalise ses relations avec le Venezuela

Le Venezuela et la Colombie ont annoncé jeudi qu’ils allaient échanger des ambassadeurs plus de trois ans après avoir rompu leurs relations, après l’arrivée au pouvoir du nouveau président colombien de gauche Gustavo Petro. À Caracas, le président Nicolás Maduro a annoncé que l’ancien ministre des Affaires étrangères Félix Plasencia avait demandé son accréditation au gouvernement colombien «et sera bientôt à Bogotá».

Caracas avait rompu ses relations diplomatiques avec Bogotá en février 2019, quand le président colombien de droite Iván Duque n’avait pas reconnu la réélection de Nicolás Maduro et avait soutenu la proclamation du chef de l’opposition Juan Guaido comme président par intérim.

(AFP)

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