Nightclubbing romand: Boîtes de nuit en péril en raison de la crise du Covid
Actualisé

Nightclubbing romandBoîtes de nuit en péril en raison de la crise du Covid

Depuis la fermeture obligatoire de leur établissement, mi-mars, des patrons de clubs font face à l'incertitude d'une date d'ouverture ainsi que des loyers et charges fixes à payer.

par
Frédéric Nejad Toulami
Comme toutes les discos de Suisse, le MAD à Lausanne est fermé depuis la mi-mars en raison de la pandémie du Covid19. Et aucune date d'ouverture n'est connue à ce jour.

Comme toutes les discos de Suisse, le MAD à Lausanne est fermé depuis la mi-mars en raison de la pandémie du Covid19. Et aucune date d'ouverture n'est connue à ce jour.

Keystone/Jean-christophe Bott

«Les loyers à payer sont un problème mais une goutte dans l'océan des frais et dettes à régler.» Codirecteur du célèbre MAD, à Lausanne, Igor Blaska résume ainsi les difficultés actuelles et à venir auxquelles lui et d'autres patrons de boîtes doivent faire face. Si son bailleur lui a indiqué, début avril, que les loyers de ces mois de fermeture obligatoire sont «gelés», cela ne signifie pas qu'ils sont annulés, juste suspendus. «Et comme le montant mensuel est au-delà du plafond fixé par le Conseil d'Etat vaudois, nous ne toucherons pas d'aide du Canton», relève Igor, qui prévoit des négociations avec divers interlocuteurs. «Nous avons certes reçu une aide financière de la Confédération via un crédit (lire l'encadré), mais face aux frais d'assurances, de charges salariales, et les frais fixes comme des taxes et abonnements, nous avons besoin d'une aide à fonds perdu. Sinon, nous n'arriverons pas à nous relever et nous risquons la mise en faillite», indique le patron du MAD, qui regrette aussi l'incertitude qui plane sur une possible date de réouverture qui les empêche d'avoir une stratégie.

«Tous dans le même bateau»

Thierry Wegmüller, son collègue lausannois du D! Club et de l'ABC , se trouve confronté aux mêmes problèmes. Il dit comprendre la nécessité de certains bailleurs d'encaisser des loyers pour survivre aussi, mais constate qu'ils n'ont pas intérêt à laisser couler leurs locataires commerciaux: «Nous sommes tous dans le même bateau, donc il ne faut pas nous surendetter». Il travaille beaucoup avec diverses entités pour trouver des solutions constructives, et espère que le Conseil fédéral retiendra la proposition de la Commission de l'économie du Conseil des Etats (lire l'encadré). Thierry Wegmüller tout comme Arnaud Daviaud, directeur du Java club à Genève, redoutent aussi que la future date de réouverture prononcée soit assortie d'une limitation trop stricte du nombre de clients, qui ne serait pas viable financièrement.

Quant à Thierry Namer, il est cofondateur à la fois de l'Audio, à Genève, et du Folklor lausannois dont le bailleur est la Ville, qui ne réclame plus de loyer. S'il ne se dit pas trop inquiet pour l'heure malgré les risques d'endettement, il regrette que les clubs musicaux ne soient toujours pas considérés comme de la culture, afin aussi de bénéficier d'aides financières.

Proposition d'offrir un crédit

La Commission de l'économie et des redevances du Conseil des Etats a adopté cette semaine un texte qui invite le Conseil fédéral à modifier la loi afin que les exploitants d'établissements publics, fermés par le Conseil fédéral au-delà du 27 avril, puissent bénéficier d'une exonération de remboursement du crédit COVID-19 obtenu correspondant à trois loyers mensuels. Selon la majorité de cette commission, les loyers constituent une charge très importante pour certaines entreprises qui ne trouveront que difficilement des solutions avec leur bailleur privé. Le Conseil fédéral est aussi encouragé à donner un rôle plus important aux autorités cantonales et communales de police du commerce dans l'examen de demande de réouverture.

Ton opinion