Actualisé 30.06.2020 à 18:27

Afghanistan

Bombardement d'un marché: au moins 23 morts imputés à l’armée

L'ONU a imputé mardi à l'armée afghane le bombardement d'un marché la veille dans le sud du pays, qui a tué au moins 23 civils.

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«Les premières conclusions impartiales de la Manua indiquent que des obus de l'armée nationale afghane (ANA) ont infligé de lourdes pertes civiles lundi», a déclaré sur Twitter la Mission d'assistance onusienne en Afghanistan (Manua). «De multiples sources crédibles affirment que l'ANA a tiré ces obus mortels en réponse à des tirs talibans, manquant la cible prévue», a-t-elle ajouté.

Lundi, le commandement militaire avait déclaré que les talibans étaient responsables de «deux explosions dans le marché du district de Sangin», dans la province du Helmand. «Malheureusement, 23 civils ont été tués et 15 blessés», avait-il ajouté.

Le gouvernorat du Helmand, dans un autre communiqué, avait confirmé ce bilan, mais il avait fait état d'un mode opératoire différent, avec quatre obus lancés sur un bazar, puis l'explosion d'une voiture piégée.

Interrogé par l'AFP, un porte-parole des insurgés, Qari Yousuf Ahmadi, avait accusé lundi les autorités et leurs «mercenaires» d'être derrière ces explosions.

Dans un communiqué, le président afghan Ashraf Ghani avait de son côté appelé les talibans à arrêter les violences.

Les bavures ne sont pas rares

Sangin est un district farouchement disputé ces dernières années par les talibans et les forces afghanes et de la coalition. Le Helmand, vaste province du sud afghan où la culture du pavot est reine, est très largement sous le contrôle des insurgés. Les bavures commises par les forces afghanes lors de bombardements ne sont pas une rareté en Afghanistan.

En avril 2018, le bombardement par l'aviation afghane d'une école coranique dans la province de Kunduz (Nord) avait notamment fait 36 morts, dont 30 enfants, et 71 blessés, selon un bilan établi par l'ONU.

Les violences ont diminué dans le pays depuis que les talibans ont annoncé un cessez-le-feu de trois jour fin mai à l'occasion de l'Aïd el-Fitr, la fête musulmane marquant la fin du ramadan. Mais les autorités afghanes affirment que les attaques des insurgés ont repris de plus belle ces dernières semaines.

Lundi soir, les talibans ont renouvelé leur engagement à respecter l'accord signé fin février avec les Etats-Unis, qui vise au retrait des troupes étrangères d'Afghanistan en échange notamment du démarrage d'un dialogue de paix interafghan, dans une conversation avec le secrétaire d'Etat Mike Pompeo.

«Nous sommes engagés à démarrer le dialogue interafghan (...) mais des retards dans la libération des prisonniers ont retardé les discussions», a déclaré le négociateur en chef des insurgés, le mollah Abdul Ghani Baradar, selon un tweet du porte-parole taliban Suhail Shaheen.

De premières négociations de paix semblent se rapprocher, le président afghan Ashraf Ghani ayant promis d'achever la libération de 5’000 prisonniers talibans contre un millier de membres des forces de sécurité afghanes tenus captifs par les insurgés. Les autorités, qui ont déjà libéré près de 4’000 détenus talibans, prévoient d'élargir le millier restant, comme le stipule l'accord de Doha, non ratifié par Kaboul.

(AFPE)

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