Franc fort: Bon accueil des mesures pour le chômage
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Franc fortBon accueil des mesures pour le chômage

Parmi les mesures décidées par le Conseil fédéral pour lutter contre les effets du franc fort, celles en faveur du chômage partiel sont largement saluées.

Les partis et les milieux économiques estiment toutefois le paquet insuffisant, pour des raisons souvent divergentes.

Le PDC se déclare un peu sceptique, mais il salue le fait que le Conseil fédéral ait réduit le montant prévu et se soit concentré sur des mesures ciblées, a indiqué son secrétaire général Tim Frey. Le parti se réjouit notamment du prêt de 100 millions pour le tourisme, qui va donner un coup de pouce à la branche.

Le PDC se félicite aussi que plus de la moitié de la manne prévue soit consacrée à un éventuel recours au chômage partiel, car la crise de 2008 a montré que cette mesure apporte une grande aide aux entreprises et aux employés concernés. Le parti regrette que le gouvernement n'ait rien prévu concernant la Commission de la concurrence pour lutter contre les prix des produits importés.

Le PLR se demande si le Conseil fédéral n'a pas fait preuve d'un excès de confiance en renonçant à un programme ciblé de mesures d'urgence. Les conséquences pour l'économie seraient graves, écrit le PLR dans un communiqué. Les libéraux-radicaux rappellent aussi leurs exigences en faveur d'une cure de fitness, sous la forme d'allègements fiscaux et de réduction de la bureaucratie.

Pas de concept, selon l'UDC

Les critiques les plus virulentes émanent de l'UDC, qui estime que les mesures présentées ne sont pas assez ciblées et n'ont plus grand-chose à voir avec la force du franc. Leurs effets ne seront pas durables et ne répondent pas à un concept. L'UDC exige une amélioration des conditions-cadres de la place économique suisse et un abaissement des coûts qui frappent les entreprises.

Gastrosuisse, l'association faîtière de l'hôtellerie et de la restauration, se dit très déçue des mesures en faveur du tourisme. Selon elle, la bonne solution serait d'abaisser le taux de TVA pour la branche.

Chômage partiel salué

Le PS salue pour sa part le renforcement de l'instrument du chômage partiel, mais il estime les mesures du gouvernement clairement insuffisantes, a-t-il fait savoir dans un communiqué. Il exige des aides ciblées aux entreprises exportatrices afin d'éviter que des places de travail ne soient supprimées ou que les salaires ne soient diminués.

Les Verts sont satisfaits que des mesures soient prises, mais ils auraient préféré que le paquet ne soit pas séparé en deux, a dit la conseillère nationale Katharina Prelicz-Huber, interrogée par l'ATS. S'ils se réjouissent des mesures concernant le chômage, les écologistes déplorent que le gouvernement n'ait pas fait une déclaration claire à l'endroit de la Banque nationale (BNS) pour un objectif à 1,40 franc pour un euro.

Les syndicats affichent aussi leur satisfaction par rapport au chômage partiel, mais ils estiment le paquet un peu maigre. Pour l'Union syndicale suisse (USS), il ne peut pas remplacer l'action de la BNS. Si celle-ci ne fixe pas rapidement un taux de change plancher de 1,40 franc pour un euro, il en coûtera bientôt pour notre économie 100 milliards de francs, écrit l'USS.

Travail.Suisse salue le fait que le gouvernement n'ait pas suivi des milieux comme economiesuisse qui exigeaient des baisses d'impôts, a dit son président Martin Flügel.

Principe de l'arrosoir évité

Economiesuisse n'est que partiellement satisfait: certaines propositions de détail devront être analysées de manière critique. Comme le franc fort sera un phénomène à long terme, il faudra aussi des mesures à long terme pour renforcer la compétitivité du marché dans les mesures de soutien qui suivront. Economiesuisse regrette qu'il n'y ait pas aujourd'hui déjà un horaire contraignant concernant la réforme de l'imposition des entreprises III.

Pour l'Union suisse des arts et métiers (USAM), le Conseil fédéral a retrouvé une voie plus vertueuse, selon son directeur Hans- Ulrich Bigler. La faîtière des PME se réjouit qu'il n'ait pas prévu de subventionner les entreprises selon le principe de l'arrosoir. L'USAM accueille aussi favorablement les mesures en faveur du chômage partiel.

L'Union suisse des paysans (USP) est déçue par ce premier paquet qui propose trop peu de mesures ciblées, a dit son directeur suppléant Urs Schneider. Les exportateurs de fromage, qui souffrent de très grands problèmes, devront être pris en considération dans le second paquet, estime le représentant des agriculteurs. (ats)

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