Brexit: Boris Johnson s'entoure d'eurosceptiques
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BrexitBoris Johnson s'entoure d'eurosceptiques

Pour mener à bien le Brexit, le nouveau Premier ministre britannique a choisi des eurosceptiques convaincus dans son équipe.

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La large victoire promise au Premier ministre conservateur britannique Boris Johnson aux législatives lui laisse les coudées franches pour définir quel type de Brexit il compte mettre en oeuvre, en restant plus ou moins proche de l'UE. (Vendredi 13 décembre 2019)

La large victoire promise au Premier ministre conservateur britannique Boris Johnson aux législatives lui laisse les coudées franches pour définir quel type de Brexit il compte mettre en oeuvre, en restant plus ou moins proche de l'UE. (Vendredi 13 décembre 2019)

AFP
Une diplomate britannique chargée du Brexit à l'ambassade de Washington a démissionné, fatiguée des «demi-vérités». (Vendredi 6 décembre 2019)

Une diplomate britannique chargée du Brexit à l'ambassade de Washington a démissionné, fatiguée des «demi-vérités». (Vendredi 6 décembre 2019)

AFP
Le débat télévisé de vendredi était le dernier avant les législatives anticipées de jeudi. En toile de fond, le Brexit était présent. (6 décembre 2019)

Le débat télévisé de vendredi était le dernier avant les législatives anticipées de jeudi. En toile de fond, le Brexit était présent. (6 décembre 2019)

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Le nouveau Premier ministre britannique, Boris Johnson, s'est entouré mercredi d'eurosceptiques purs et durs dans son tout nouveau gouvernement, avec la promesse de quitter l'Union européenne le 31 octobre, avec ou sans accord.

L'ancien banquier Sajid Javid, fils d'immigrés pakistanais, a été nommé ministre des Finances, un poste stratégique dans le contexte du Brexit, en particulier en cas de sortie sans accord, qui pourrait générer de fortes turbulences économiques. Il était jusqu'à présent ministre de l'Intérieur, portefeuille récupéré par Priti Patel, 47 ans, dont les parents sont d'origine indienne, et qui est une ardente avocate du Brexit. Des nominations qui confirment aussi sa volonté, annoncée par ses proches, de promouvoir des femmes et des personnalités issues de minorités ethniques.

Boris Johnson a choisi un autre eurosceptique convaincu, Dominic Raab, 45 ans, pour prendre la tête de la diplomatie britannique, un poste crucial en pleine crise des pétroliers avec l'Iran. Dominic Raab avait démissionné l'an dernier du gouvernement de Theresa May pour marquer son opposition à sa stratégie sur le Brexit, qu'il jugeait trop conciliante envers l'Union européenne. Il a aussi déclaré qu'il soutiendrait une suspension du Parlement, si nécessaire, pour permettre une sortie sans accord de l'UE sans passer par l'approbation des députés, si cela était nécessaire.

Départ «sans conditions»

Lors de son premier discours devant Downing Street, sous les yeux de sa compagne Carrie Symonds, 31 ans, Boris Johnson a promis de «sortir de l'UE le 31 octobre, sans conditions». Cette nouvelle date butoir, dans moins de 100 jours, a été fixée après deux reports du Brexit, initialement prévu le 29 mars en raison du rejet de l'accord de divorce conclu par Theresa May avec Bruxelles.

Boris Johnson a répété qu'il était prêt à une sortie sans accord, fustigeant le «pessimisme» des anti-Brexit, qui redoutent les conséquences économiques d'une rupture brutale après 46 ans d'union. Il a nommé comme conseiller Dominic Cummings, directeur controversé de la campagne officielle en faveur du Brexit lors du référendum de juin 2016, a-t-on appris auprès d'une source proche de son équipe.

Avant même qu'il n'arrive à Downing Street, plusieurs ministres ont claqué la porte du gouvernement, marquant ainsi leur opposition à l'éventualité d'une sortie sans accord de l'UE.

Si l'ancien maire de Londres est très populaire chez les militants conservateurs charmés par son énergie et des plaisanteries, il est loin de faire l'unanimité dans le grand public. Sa côte de popularité chez les Britanniques n'atteint que 31%, indique un sondage YouGov publié mercredi.

Premiers accrocs

Son premier jour au pouvoir a été marqué par plusieurs accrocs: des militants écologistes de Greenpeace lui ont brièvement bloqué la route, alors qu'il se rendait en voiture au palais de Buckingham pour être investi par la reine.

Et dans le centre de Londres, des milliers de personnes ont manifesté contre lui, certains tenant des pancartes proclamant : «Mettez Johnson à la porte» ou «Réveillez-moi de ce cauchemar». «C'est un raciste, un xénophobe, un menteur», a déclaré à l'AFP l'une des manifestantes, Valentina Frasca, une enseignante de 37 ans. «Je sais ce que ressentent les Américains maintenant», a-t-elle ajouté, en référence aux militants opposés au président américain Donald Trump, à qui est parfois comparé Boris Johnson.

Ces anicroches montrent que Boris Johnson ne part pas en terrain conquis. Et s'il s'est dit persuadé d'obtenir un «meilleur accord» que celui de Theresa May, il lui reste à préciser sa stratégie.

Les dirigeants de l'UE ont fait savoir qu'ils ne modifieraient pas l'accord de retrait, laborieusement conclu, qui fixe les conditions du divorce mais sont prêts à examiner de nouveau la déclaration politique, qui pose les bases de la future relation entre le Royaume-Uni et l'UE après le Brexit.

«J'ai hâte que l'on se rencontre afin de discuter - en détail - de notre coopération», a écrit mercredi à Boris Johnson Donald Tusk, le président du Conseil européen. Le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, a mis en garde Boris Johnson : «Suggérer qu'il puisse y avoir un tout nouvel accord, négocié en quelques semaines ou mois, n'est absolument pas réaliste», a-t-il déclaré mercredi à la RTE.

De l'autre côté de l'Atlantique, on se veut plus optimiste: le président américain DOnald Trump, l'un des premiers à féliciter Boris Johnson, est persuadé qu'il sera «génial». (nxp/afp)

Le Premier ministre australien veut un accord commercial rapide avec Londres

Le Premier ministre Scott Morrison a promis jeudi que l'Australie serait la première sur les rangs pour travailler sur un accord commercial avec le nouveau Premier ministre britannique Boris Johnson. M. Morrison a ajouté qu'il avait parlé avec son homologue afin de le féliciter et s'était engagé à maintenir des «relations très solides» entre les deux pays.

(NewsXpress)

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