20.11.2020 à 17:26

Royaume-UniBoris Johnson soutient sa ministre de l’Intérieur, accusée de harcèlement

Le premier ministre britannique a apporté vendredi son soutien à sa ministre de l’Intérieur Priti Patel, qui a présenté ses excuses après avoir été mise en cause pour harcèlement envers ses équipes.

Le premier ministre Boris Johnson et la ministre de l’Intérieur Priti Patel, accusée de harcèlement.
Le premier ministre Boris Johnson et la ministre de l’Intérieur Priti Patel, accusée de harcèlement.Archives/KEYSTONE

Boris Johnson a estimé que sa ministre de l’intérieur Priti Patel, 48 ans, n’avait pas contrevenu au code de conduite ministériel, contrairement aux conclusions d’une enquête indépendante dont le rapporteur a démissionné dans la foulée.

«Le premier ministre a pleinement confiance dans la ministre de l’Intérieur et considère maintenant cette affaire comme close», selon un communiqué du gouvernement. «Il exècre le harcèlement» mais «il ne pense pas que Priti Patel soit une brute», a rajouté la porte-parole de Boris Johnson.

Regrets

Priti Patel a regretté que son «comportement dans le passé ait affecté des personnes». «Il n’a jamais été mon intention de contrarier quiconque», a-t-elle ajouté dans un communiqué. «J’ai très à coeur de mettre en oeuvre les engagements que nous avons pris envers les gens de ce pays et je reconnais que je suis directe et que j’ai parfois été frustrée».

Le scandale avait éclaté fin février avec la démission retentissante du plus haut fonctionnaire du Ministère de l’intérieur, Philip Rutnam, qui accusait Priti Patel d’être à l’origine de fuites «vicieuses» dans la presse contre lui après qu’il eut fait part de ses inquiétudes sur son comportement.

Selon des accusations qu’il avait relayées, la patronne du Home Office avait «crié et injurié, dénigré des gens et fait des demandes déraisonnables et répétées», ce qu’elle avait démenti.

«Très inquiétant»

Une enquête indépendante, ordonnée par Boris Johnson, a conclu que le comportement de Priti Patel, qui impliquait parfois «des cris et des injures», a «contrevenu au code ministériel, même s’il n’était pas intentionnel», s’apparentant à des «brimades». L’enquête a toutefois constaté des améliorations depuis.

L’auteur de l’enquête, Alex Allan, conseiller indépendant du premier ministre sur l’éthique ministérielle, a démissionné dans la foulée du soutien exprimé par le dirigeant à sa ministre.

Jonathan Evans, président du Comité des normes de la vie publique, a jugé cette démission «très inquiétante», estimant qu’elle soulevait «des questions graves sur l’efficacité des dispositions actuelles».

Priti Patel, qui avait fait campagne aux côtés de Boris Johnson en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, avait dû quitter en 2017 le gouvernement de l’ex-Première ministre Theresa May pour avoir mené une diplomatie parallèle avec Israël lorsqu’elle était chargée du Développement international.

Décision fustigée

La décision de la maintenir en poste a été fustigée par le chef de l’opposition travailliste, Keir Starmer. «Une fois encore, le premier ministre ne s’est pas montré à la hauteur», a-t-il tweeté. «Si j’étais premier ministre, la ministre de l’Intérieur aurait été démise de ses fonctions.»

Il a souhaité que Boris Johnson et Priti Patel s’expliquent devant les députés et demandé que le rapport d’enquête soit publié dans sa totalité, ce que Downing Street a exclu pour protéger ceux qui y ont témoigné.

(AFP/NXP)

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