Actualisé 10.04.2020 à 11:07

Coronavirus à Genève

Bouclée chez soi, frappée: comment appeler à l'aide?

Alors que les vacances pascales débutent et que le canton est confiné, l'Etat lance une nouvelle campagne contre les violences domestiques.

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dra/jef
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Le confinement dû à la pandémie de coronavirus augmente les risques de violences à la maison, entre adultes ou contre les enfants. Les autorités et les spécialistes de la prévention le répètent depuis l'instauration des restrictions. Le Conseil d'Etat entend aujourd'hui renforcer encore l'information auprès des personnes concernées, en ce début de weekend et de vacances pascales.

Le Bureau de promotion de l'égalité et de prévention des violences (BPEV) met à disposition des lieux extérieurs encore accessibles - pharmacies, magasins d'alimentation, banques, salles d'attente des permanences médicales, etc. - une affiche de prévention qui comporte des numéros d'appel, en cas d'urgence ou pour chercher des informations. Elle renseigne aussi sur le rôle et les possibilités offertes aux témoins (proches d'une victime, voisins ou professionnels non spécialisés dans ce domaine) pour enrayer ces violences. «Ces derniers peuvent en effet se sentir démunis, ou intimidés, à l'idée de demander des renseignements ou d'appeler la police, souligne le Canton. L'affiche peut les aider à franchir le pas.»

Les autorités rappellent également qu'une victime confinée avec son agresseur rencontre bien plus de difficultés qu'en temps normal pour alerter sur son cas en toute sécurité, chercher de l'aide ou trouver discrètement des renseignements. Par ailleurs, «les enfants qui subissent des violences de la part de leurs parents n'ont plus accès au réseau de soutien habituellement disponible à travers l'école», ajoute l'Etat.

Le rôle crucial des voisins

La conseillère d'Etat Nathalie Fontanet compte particulièrement sur le voisinage pour faire barrage à la violence. «Depuis le début de l'épidémie, le Conseil fédéral a basé toutes ses mesures sur la responsabilité et la solidarité. Ces principes s'appliquent tout particulièrement en matière de violence domestique. Tout le monde doit se sentir responsable et solidaire: on ne va pas monter le son de la télévision ou mettre des boules Quies si on entend des bruits suspects à côté de chez soi.»

Car l'élue craint un week-end périlleux pour les victimes de violences. «D'ordinaire, le pire, c'est le dimanche soir, à la fin d'un week-end où les gens sont restés chez eux. Or, là, on va avoir quatre jours en vase clos. Dans ces situations, le risque est plus important.» Elle juge donc «essentiel de faire une piqûre de rappel avec ces affiches, afin que l'on puisse anticiper».

Pour obtenir de l'aide, ou pour tous renseignements:

0840 110 110 (24h/24h) mais aussi sur www.violencequefaire.ch,

ou alors contactez la police au numéro 117. Par ailleurs, le réseau genevois de prise en charge des victimes de violences domestiques maintient ses prestations, malgré la pandémie.

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