«Call Me By Your Name»: Bouleversant amour d'été
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«Call Me By Your Name»Bouleversant amour d'été

Tout à la fois idylle de jeunesse et roman d'apprentissage, «Call Me by Your Name» mérite ses quatre nominations aux Oscars.

par
Catherine Magnin

Un été, en Italie. Un bel Américain (Armie Hamer) séjourne chez les Perlman pour profiter du savoir du père, historien renommé. Avec son air faussement décontracté, il trouble le fils de la famille, Elio, 17 ans (Timothée Chalamet, révélation du film, nommé à l'Oscar du Meilleur acteur, et qui tient également un petit rôle dans «Lady Bird»). Sûr que ces deux-là auraient vécu heureux... s'ils n'avaient pas vécu en 1983.

Tout, dans «Call Me By Your Name», est feutré, tamisé par le filtre d'un milieu intellectuel. Tout semble fluide et futile comme les passe-temps d'Elio, lecture, piano, baignades. Et pourtant, ce qui se passe sous la surface de cette carte postale estivale est d'une puissance inouïe. Et trouve son sommet dans le plan final sur Elio, fixe, magistral.

Un plan qui rappelle l'effet Koulechov, du nom du théoricien et réalisateur soviétique qui avait réalisé une célèbre expérience en 1921: il avait placé dans un film trois images identiques d'un même acteur, suivie d'un plan tantôt d'assiette de soupe, tantôt de morte dans un cercueil, tantôt de fillette en train de jouer. L'acteur fut félicité pour sa capacité à exprimer l'appétit, la tristesse, la tendresse. Dans «Call Me By Your Name», c'est tout ce qui a précédé le dernier plan qui déborde sur lui, comme un tsunami d'émotions et de questionnements.

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