10.10.2020 à 09:30

FraNceBouleversantes, deux députées évoquent leur IVG

Aurore Bergé (La République en marche) et Clémentine Autain (La France insoumise) ont confié avoir avorté et appelé à allonger le délai légal à 14 semaines en France.

«Nous sommes dans cet hémicycle un certain nombre de femmes à avoir eu recours à l'avortement et nous n'attendons ni compassion, ni commisération, ni en fait rien. Nous attendons que les femmes puissent vivre leur accès à l'avortement comme elles l'entendent, comme elles le souhaitent et sans entrave», a lancé jeudi, Aurore Bergé, 33 ans, députée de la majorité, lors de sa prise de parole alors que les députés débattaient de l'allongement de la durée légal pour l'avortement en France, de 12 à 14 semaines.

«Les entraves continuent dans ce pays. (...) Oui, dans notre pays, nous avons nous-mêmes parfois vécu des entraves à l'IVG, nous avons vécu des délais qui étaient trop longs, nous avons vécu des médecins qui nous ont obligées à écouter des battements de cœur, nous l'avons vécu! Et nous ne voulons pas que les femmes dans notre pays continuent à le vivre!», a-t-elle conclu, la voix nouée par l'émotion.

«Il faut que nous cessions de les culpabiliser»

Clémentine Autain

«J'ai moi-même avorté», a également confié Clémentine Autain, 47 ans, députée de la France insoumise «et le moment de détresse, je l'ai ressenti à quel moment? C'est le jour où je suis allée chez le gynécologue et qu'on m'a expliqué qu'il n'y aurait pas de place à temps pour que je puisse avorter dans les délais».

Avant de conclure: «Et pour qu'un certain nombre d'entre elles ne le vivent pas comme un drame, il faut non seulement que nous cessions de les culpabiliser mais il fait aussi que nous donnions les moyens dans notre pays pour qu'elles puissent le faire dans des conditions dignes et à égalité sociale et à égalité entre les territoires».

Des témoignages bouleversants quand on sait qu'en France, une femme sur trois aura recours à l'avortement une fois dans sa vie. Depuis la légalisation de l'avortement en France en 1975, une première extension de deux semaines a été votée en 2001.

Toutefois, du fait d'un manque de praticiens et de la fermeture progressive de centres IVG, il s'écoule souvent plusieurs semaines entre le premier rendez-vous et l'intervention. Chaque année, entre 3 000 et 4 000 femmes «hors délai» partiraient avorter à l'étranger, estimait un rapport parlementaire publié en 2000. Principalement en Espagne, où l'IVG est permise jusqu'à 14 semaines de grossesse, et aux Pays-Bas (22 semaines). Au Luxembourg, une loi adoptée fin 2014 a sorti l'IVG du code pénal quand il est pratiqué avant 12 semaines de grossesse.

(mc/AFP)

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