Genève: Bras de fer au Conseil des droits de l'homme
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GenèveBras de fer au Conseil des droits de l'homme

Après avoir affiché sa fermeté face aux abus en Erythrée et en Syrie, l'ONU n'a pas terminé ses travaux vendredi en raison d'un blocage sur la nomination de rapporteurs spéciaux.

Le Conseil des droits de l'homme à Genève. (Archives)

Le Conseil des droits de l'homme à Genève. (Archives)

photo: Keystone

Au terme d'un débat d'une heure et demie avec la Russie sur un point de procédure, le président du Conseil Choi Kyong-lim a considéré la nomination de cinq spécialistes comme approuvée. Moscou a dénoncé la légalité de la décision. M. Choi a été contraint de suspendre la session jusqu'à nouvel avis.

Il propose la Française Agnès Callamard pour se charger des exécutions extrajudiciaires, le rapporteur sur l'Iran Ahmed Shaheed pour la liberté religieuse et le Burkinabè Koumbou Boly pour le droit à l'éducation. Il avait désigné l'Argentin Tomas Ojea Quintana pour la situation en Corée du Nord et l'Américaine Anita Ramasastry comme experte sur les multinationales et autres entreprises.

Auparavant, dans une résolution adoptée sans vote, le Conseil a dénoncé «les détentions arbitraires, les disparitions forcées, l'esclavage, les actes de torture, les assassinats et les violences sexuelles» en Erythrée. Mais aussi la discrimination religieuse ou encore le travail forcé lié à la conscription militaire.

Mandats de spécialistes prolongés

Le Conseil demande au gouvernement érythréen d'appliquer les recommandations de la Commission d'enquête. Les experts de l'ONU estimaient début juin les autorités érythréennes responsables de crimes contre l'humanité qui doivent être jugés par la Cour pénale internationale (CPI).

Dans une autre résolution adoptée par 27 pays, dont la Suisse, contre 6 et 14 abstentions, le Conseil a condamné les violations systématiques perpétrées par le gouvernement syrien et les groupes armés qui le soutiennent. Il a aussi dénoncé les violences de l'Etat islamique (EI) et du Front al-Nosra, appelant à la fin des attaques contre l'opposition modérée et à la libération des prisonniers détenus arbitrairement.

Le Conseil a aussi exprimé sa préoccupation concernant les lois adoptées par certains pays contre les migrants. Un dialogue interactif renforcé est prévu début 2017. Mais le Haut Commissaire aux droits de l'homme Zeid Raad al-Hussein devra établir un rapport d'ici là.

Jeudi, le Conseil avait renforcé la protection des homosexuel(le)s, personnes bisexuelles, transgenres et intersexuelles (LGBTI). Quelques semaines après l'attentat en Floride, il a lancé un mandat d'expert indépendant de l'ONU sur les discriminations liées à l'orientation sexuelle ou à l'identité du genre pour trois ans.

Un moment «historique» et l'une «des discussions les plus intéressantes» au Conseil, a estimé vendredi devant la presse un porte-parole. Une ONG a également salué le vote.

Par ailleurs les rapporteurs spéciaux sur les déplacés, la liberté de réunion, les violences à l'égard des femmes et le droit à l'alimentation ont vu leurs mandats prolongés pour trois ans. Le rapporteur spécial sur le Bélarus et l'expert indépendant sur la Côte d'Ivoire ont été maintenus pour un an, le second pour un dernier mandat.

Santé, femmes ou Internet

Autre mesure, une réunion sur les jeunes et les droits humains sera organisée lors de la prochaine session. D'autres auront lieu en 2017 sur le changement climatique, l'accès aux médicaments ou le renforcement des capacités de santé publique pour le droit à la santé. Une discussion sur les familles des personnes handicapées est également souhaitée.

Le Conseil a aussi demandé plusieurs rapports dans les deux prochaines années. Le Haut Commissaire aux droits de l'homme devra se pencher sur les conséquences des transferts d'armes en matière de droits humains.

Mais aussi sur la santé mentale, la discrimination raciale à l'encontre des femmes et des filles, le droit à l'éducation pour toutes les filles, la société civile ou sur les moyens de combler le décalage numérique entre les sexes.

Le Conseil a notamment condamné les mesures qui empêchent ou restreignent l'accès à des données en ligne. Le Comité consultatif devra lui évaluer les arrangements régionaux pour la protection des droits humains. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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