LAUSANNE: Bras de fer entre l'EPFL et ses étudiants sur les taxes
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LAUSANNEBras de fer entre l'EPFL et ses étudiants sur les taxes

La hausse des tarifs d'études voulue par la direction a déclenché mercredi le dépôt d'une pétition.

par
Marco Ferrara

«La direction veut que les taxes d'études doublent, voire décuplent. On suivrait ainsi la tendance américaine, où les écoles immatriculent sur des critères d'échelle sociale plutôt que strictement intellectuels.» Geneviève Rydlo ne mâche pas ses mots. Responsable des bourses d'étude à l'Agepoly, son association estudiantine a déposé mercredi une pétition avec plus de 2000 signatures récoltées en une semaine.

La hausse des tarifs proposée cet été par le président de l'EPFL, Patrick Aebischer, prévoit que les taxes de 1200 fr. passent à 2000 fr. pour les Suisses et les Européens, et à 10 000 fr. pour les étrangers extra-européens. But: financer des bourses, notamment. Les élèves relèvent que l'opération atteindrait pas 1% du budget de la haute école.

«Vouloir que les étudiants paient eux-mêmes les bourses équivaut à exiger des chômeurs qu'ils financent l'assurance chômage», regrette Geneviève Rydlo. Elle constate au passage que l'EPFL ne peine pas à trouver des fonds pour bâtir des édifices comme le Learning Center. Une journée de contestation est-elle prévue? «Nous attendons la réponse à notre pétition», répond son collègue Samuel Cobbi.

Le porte-parole de l'EPFL rassure: les taxes de 10 000 fr. ne concerneraient qu'une «très faible minorité» d'étudiants. Jérôme Grosse souligne toutefois la volonté de dialogue de la direction. Il admet que «si malgré tout les étudiants s'opposent farouchement au projet, nous n'insisterons pas».

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