Actualisé 17.03.2016 à 18:08

Europa LeagueBreel Embolo, un soir pour grandir

L'attaquant de 19 ans n'a plus marqué depuis le mois de novembre, une éternité pour lui. Jeudi soir à Séville, face à l'une des meilleures équipes d'Europe, il a l'occasion de franchir un palier.

von
Tim Guillemin
Séville
Le stade Sanchez-Pizjuan et ses 42'500 spectateurs déchaînés attendent l'international suisse jeudi soir.

Le stade Sanchez-Pizjuan et ses 42'500 spectateurs déchaînés attendent l'international suisse jeudi soir.

photo: Keystone/Georgios Kefalas

En déboulant dans le stade Sanchez-Pizjuan mercredi, Breel Embolo n'a pu s'empêcher de jeter un coup d'oeil aux vastes tribunes l'entourant. Resté trois secondes en contemplation, il est revenu à la réalité par la grâce d'un coup de coude de son copain Adama Traoré, rigolard. Oui, d'une certaine manière, Breel Embolo est un gamin de 19 ans, enthousiaste et absolument pas blasé. Ce garçon-là fait du bien au football suisse, de par sa spontanéité et son intelligence. Il parle aussi bien français que suisse allemand, il est poli, il s'exprime parfaitement devant les médias et les supporters l'adorent. La preuve? Voilà deux ans que les amateurs de football suisse le choisissent comme leur «joueur préféré» lors de la SFL Award Night, un titre qui touche énormément et sincèrement le jeune homme né au Cameroun.

Ce jeune homme de 19 ans a donc tout pour lui, mais est en train de traverser une période compliquée sur le plan comptable. Il n'a en effet plus marqué depuis le 8 novembre 2015, une éternité pour ce joueur assoiffé d'espaces et de buts. Ce qu'il en pense, à la veille d'affronter Séville, une équipe qui n'encaisse pas de but à domicile? «Nix zu sagen», a-t-il répondu en souriant aux journalistes alémaniques. On a tenté notre chance en français, pour voir si des fois on aurait droit à une phrase ou deux. Sa réponse? Un immense sourire et la même réponse, dans sa langue maternelle cette fois: «Je n'ai rien à dire». On le sent un peu contrarié, mais il respecte -évidemment- la ligne transmise par son club: retrouver la sérénité et le chemin du but sans se disperser dans les médias.

Embolo le dynamiteur, Janko le finisseur

«C'est exact, on veut le protéger», a avoué Georg Heitz. Le directeur sportif du FCB refuse cependant de s'inquiéter concernant le mutisme de son attaquant sur le terrain: «A son âge, c'est normal de ne pas être constant dans ses performances. Il va rebondir, c'est sûr.» D'autant que l'attaquant, s'il n'a pas marqué depuis novembre, a continué à faire des différences sur le côté pour servir son avant-centre autrichien Marc Janko. Les rôles sont clairs: Embolo est le dynamiteur, Janko le finisseur.

Pourtant, Breel Embolo joue gros ce soir à Séville, comme le FC Bâle. Face à une équipe qui a déjà réussi 13 blanchissages à domicile cette saison, record d'Europe, la performance de l'attaquant sera scruté par tous les grands clubs. Ils connaissent ses qualités, c'est sûr, mais être décisif face à Thoune, Vaduz et même Grasshopper ne suffit pas pour franchir un palier. Aujourd'hui, Breel Embolo est un attaquant prometteur, qui compte sept sélections à son actif, pour un seul but sur penalty face à Saint-Marin. Il n'a que 19 ans, mais ne peut pas rester éternellement une promesse: il doit franchir des paliers dans les grands matches. Ça tombe bien, il en a un qui arrive dans quelques heures.

Titulaire à Séville? Pas sûr!

Sera-t-il titulaire? Pas sûr encore. Urs Fischer hésite, en fait. L'entraîneur bâlois sait pertinemment que Séville va avoir le ballon durant la majorité du temps et il se dit que, sûrement, le dynamisme et la vitesse de son joyau de 19 ans pourraient faire la différence même en début de match. Mais le technicien du FCB pourrait également opter pour une tactique plus défensive et faire entrer Embolo en cours de partie pour déstabiliser Séville. L'intenational suisse ne doit surtout pas s'en formaliser, quel que soit le choix de son coach. Cet été, après l'Euro, il devrait partir en direction d'un grand club européen, où il ne sera pas forcément titulaire au début. Il doit apprendre à entrer en cours de match et à être immédiatement décisif, ce qui pourrait être le cas ce jeudi.

L'Euro cet été, une autre occasion de briller

En fait, Breel Embolo va passer au révélateur dès ce soir et dans les prochaines semaines. Il doit montrer sa capacité à faire la différence dans les grandes affiches, comme le match à Séville en est une. L'Euro, bien sûr, sera également un vrai test de sa capacité à briller au plus haut niveau. Il est jeune et il a le temps, même s'il laisse passer cette chance-là? Pas vraiment, non. Il y a tellement de jeunes joueurs talentueux en Europe que, ce qui fait vraiment la différence, c'est justement cette faculté à être décisif au moment où ça compte vraiment. Il sera jugé là-dessus et il ne doit pas oublier une chose: le temps passe vite, dans le football encore plus qu'ailleurs. Ce jeudi soir à Séville est un soir pour grandir. Il y en aura d'autres, c'est sûr, mais il n'y en aura pas forcément des dizaines d'autres.

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