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Attentats en NorvègeBreivik père: «Il devient de plus en plus extrémiste»

Le père du tueur norvégien Anders Behring Breivik a répété jeudi ressentir une part de responsabilité, regrettant ne pas avoir fait davantage pour garder contact avec son fils, avant que celui-ci ne massacre 77 personnes en 2011.

«Si j'avais eu plus de contacts avec lui, si j'avais été un meilleur père, il aurait peut-être été une autre personne», a déclaré Jens Breivik lors du lancement à Oslo de son livre «De ma faute ? L'histoire d'un père».

Aujourd'hui retraité en France avec sa 4e épouse, le diplomate a souvent été présenté comme un mari autoritaire et un père absent.

Il avait demandé sa garde

Le couple Breivik s'était séparé environ un an après la naissance d'Anders, lequel a grandi avec sa mère. Jens Breivik a tenté de récupérer la garde de son fils quand celui-ci avait quatre ans, après que les services sociaux eurent sonné l'alarme sur le bien-être de l'enfant. Mais il avait été débouté en justice.

Il avait ensuite perdu le contact avec lui quand celui-ci avait autour de 16 ans. L'extrémiste en a imputé la faute à son père qui aurait été déçu par ses déboires répétés avec la police pour des graffitis, mais Jens Breivik affirme de son côté que c'est son fils qui a coupé les ponts sans dire pourquoi.

«J'aurais pu faire davantage, j'en suis conscient. Je suis malgré tout le père, l'adulte et ce n'était pas à mon fils de prendre contact», écrit-il dans son ouvrage. A plusieurs reprises, il affirme avoir été «trop passif». «Je crois qu'il devient de plus en plus extrémiste», a-t-il dit jeudi. «Peut-être devient-il plus dangereux aussi? Je ne sais pas».

Interdit de visite

Breivik, condamné à une peine de 21 ans de prison (susceptible d'être prolongée par la suite), refuse de recevoir la visite de son père à moins que celui-ci ne se range derrière son idéologie «fasciste», ressort-il aussi du livre.

«Ma porte sera toujours ouverte à tous les Nordicistes (ndlr: à comprendre comme les défenseurs d'une race nordique), toi y compris. Mais on sait tous les deux que tu ne choisiras jamais le chemin le plus difficile», lui a-t-il écrit dans une lettre très froide envoyée cette année.

«Comme beaucoup d'autres, je pense qu'il doit y avoir quelque chose qui cloche chez Anders. Une personne normale n'écrirait jamais rien de tel», estime Jens Breivik.

Le 22 juillet 2011, Breivik a tué 77 personnes en faisant exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo, puis en ouvrant le feu sur un camp d'été de la Jeunesse travailliste sur l'île d'Utoeya. (afp)

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