Actualisé 02.03.2016 à 17:35

NorvègeBreivik se plaint de ses conditions de détention

L'extrémiste de droite qui a tué 77 personnes en 2011 estime que son régime carcéral viole les droits de l'Homme.

Anders Behring Breivik a été condamné à une peine de 21 ans de prison.

Anders Behring Breivik a été condamné à une peine de 21 ans de prison.

photo: Reuters

Placé sous un régime de très haute sécurité qui limite drastiquement ses contacts avec autrui, Anders Behring Breivik a intenté un procès à l'État norvégien, l'accusant de traitement «inhumain» et «dégradant» contraire à la Convention européenne des droits de l'Homme.

Ce procès, qui aura lieu du 15 au 18 mars, se tiendra pour des questions de sécurité dans le gymnase de la prison de Skien, à une centaine de kilomètres au sud-ouest d'Oslo, où le tueur de 37 ans est actuellement détenu. «Les mesures qui ont été appliquées et qui s'appliquent au plaignant (...) sont largement conformes à ce qui est permis» par la Convention, a estimé le Bureau du procureur général, qui défend l'État, dans un document transmis au tribunal d'Oslo et publié mercredi.

Trois cellules pour lui tout seul

L'organisme a notamment fait valoir que Breivik disposait de trois cellules --l'une de vie, l'autre d'études et la troisième pour les exercices physiques--, d'un téléviseur, d'un ordinateur --sans accès à internet-- et d'une console de jeux, et qu'il pouvait se préparer à manger et laver son linge. A défaut de contacts avec les autres détenus, là aussi pour des questions de sécurité, il a des interactions avec les surveillants et des personnels professionnels, a-t-il aussi souligné.

«Il y a des limites à ses contacts avec le monde extérieur qui sont bien sûr strictes, c'est une quasi nécessité, mais il n'est pas totalement exclu de toute cohabitation avec d'autres personnes», a déclaré à l'AFP Marius Emberland, le juriste qui défendra l'État au procès. L'avocat de Breivik, Øystein Storrvik, affirme au contraire que son client est soumis «à un isolement durable depuis près de cinq ans» et qu'il souffre de «séquelles» évidentes dues à ce régime.

5 minutes avec sa mère

Au cours des deux premières années, «la seule visite d'un non-professionnel a été celle de la mère du plaignant» peu avant que celle-ci ne meure d'un cancer, a-t-il souligné dans un autre document transmis à la Cour. «Ils ont eu environ 5 minutes ensemble au cours desquelles ils ont pu s'enlacer». Breivik accuse aussi l'État de violer une autre disposition de la Convention européenne des droits de l'Homme «sur le respect de sa vie privée (...) et de sa correspondance» en censurant ses échanges postaux. Les autorités justifient ces contrôles par la nécessité de l'empêcher de construire un «réseau extrémiste».

Le 22 juillet 2011, Breivik avait tué huit personnes en faisant exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo, puis 69 autres en ouvrant le feu sur un rassemblement de la Jeunesse travailliste sur l'île d'Utøya. Il reprochait à ses cibles de faire le lit du multiculturalisme. Il a été condamné à une peine de 21 ans de prison susceptible d'être prolongée s'il reste considéré comme dangereux. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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