Genève: Breloques en toc vendues comme des pierres fines

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GenèveBreloques en toc vendues comme des pierres fines

Peter a cru offrir à ses amis de vrais bijoux. Ils étaient en plastique. Fâché, il se juge trompé par les étiquettes de C&A.

par
Jérôme Faas
Ces pierres achetées par Peter se sont révélées être des fausses. (Photo: dr)

Ces pierres achetées par Peter se sont révélées être des fausses. (Photo: dr)

photo: Kein Anbieter

«Je passe pour qui, maintenant?» Peter, retraité en Bulgarie après quinze ans au bout du lac, est dépité. Les parures qu'il a offertes ce printemps à ses proches s'écaillent. Or, sur l'emballage des bijoux acquis en mars au C&A des Rues-Basses figuraient les mentions «pierre semi-précieuse» et «pierre fine». Le terme renvoie à des gemmes véritables, hors diamant, saphir, rubis et émeraude. Or, certaines pièces se sont révélées être en toc.

Peter n'en fait pas une affaire d'argent. Les bijoux coûtaient environ 15 fr. «J'en ai acheté pour 2000 fr., une quinzaine sont faux.» C'est le principe qui le choque. «Je ne peux pas croire que ce soit arrivé à Genève, en Suisse, dans une chaîne renommée.» Le service client, après contrôle des bagues, lui a écrit mi-avril. «Vous avez raison, cette pierre n'est pas une pierre véritable mais du plastique couvert d'un folio qui imite la couleur d'une pierre. On utilise le mot pierre pour une partie des bijoux. Ça ne signifie pas le vraiment pierre (sic).»

Vendredi, C&A précisait qu'un partenaire lui fournissait les bijoux. Selon lui, «la pierre est composée de calcite, un cristal minéral naturel, réduit en poudre, pressé dans la forme souhaitée et vernis.» L'enseigne juge donc le terme pierre semi-précieuse «pas erroné en soi». Pour éviter les confusions, elle le réservera dorénavant aux pierres entières. En outre, Peter a reçu via son avocat une lettre de C&A datée du 7 juillet. Il lui est offert 100 fr., plus 13 fr. 90 par objet qu'il renverra.

Le magasin «doit rembourser»

Pour Valérie Muster, juriste à la Fédération romande des consommateurs, l'étiquetage erroné peut relever du pénal. «Affirmer intentionnellement des fausses qualités à un article» viole la loi contre la concurrence déloyale. Le client peut porter plainte «si le commerçant connaissait la tromperie». Il peut aussi invoquer, au civil, le Code des obligations, via l'absence de qualité promise. Le magasin «doit rembourser, changer ses méthodes ou ne plus travailler avec ce fournisseur».

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