Grande-Bretagne: Brexit: dernière ligne droite à jeu égal
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Grande-BretagneBrexit: dernière ligne droite à jeu égal

Les deux camps, au coude à coude dans les sondages, tenteront de convaincre les indécis lors d'un débat mardi soir.

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La Une du Evening Standard, journal londonien, après le résultat du vote. (Vendredi 24 juin 2016)

La Une du Evening Standard, journal londonien, après le résultat du vote. (Vendredi 24 juin 2016)

Reuters
Le ministre des affaires étrangères Didier Burkhalter a estimé vendredi qu'à court terme le Brexit changera peu de choses pour les relations de la Suisse avec l'Union européenne (UE). Les défis restent les mêmes, selon le conseiller fédéral. (Vendredi 24 juin 2016)

Le ministre des affaires étrangères Didier Burkhalter a estimé vendredi qu'à court terme le Brexit changera peu de choses pour les relations de la Suisse avec l'Union européenne (UE). Les défis restent les mêmes, selon le conseiller fédéral. (Vendredi 24 juin 2016)

Keystone
David Cameron a annoncé vendredi son intention de démissionner de ses fonctions de Premier ministre pour laisser à un autre le soin d'engager les négociations de sortie de l'Union européenne, après le vote des Britanniques pour un Brexit. (24 juin 2016)

David Cameron a annoncé vendredi son intention de démissionner de ses fonctions de Premier ministre pour laisser à un autre le soin d'engager les négociations de sortie de l'Union européenne, après le vote des Britanniques pour un Brexit. (24 juin 2016)

Reuters

Le référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne semblait pouvoir basculer d'un côté comme de l'autre, les deux camps faisant jeu égal dans la dernière ligne droite de la campagne, marquée par le meurtre de la députée Jo Cox.

Les derniers sondages annoncent un résultat très serré à l'issue de ce scrutin déterminant pour l'avenir politique et économique du Royaume-Uni.

Les deux camps tenteront de convaincre les derniers indécis lors d'un débat mardi soir à la Wembley Arena au cours duquel s'affronteront, devant 6000 personnes, le chef de file des pro-Brexit (ou British Exit, sortie de l'UE) Boris Johnson, ex-maire de Londres, et son successeur, Sadiq Khan.

Une enquête d'opinion d'ORB pour le Daily Telegraph donnait lundi une avance de deux points aux partisans du maintien, à 49%. L'institut YouGov donnait lui, pour le Times, un léger avantage au camp adverse, avec 44% (contre 42%).

Appel à l'union

Les sondages ont été réalisés en grande partie après le meurtre jeudi à coups de couteau et par balles de Jo Cox, fervente opposante au Brexit, à qui le parlement britannique a rendu hommage lundi.

Le Premier ministre David Cameron a lancé un appel à l'union «contre la haine qui a tué» cette parlementaire. L'une des figures de proue du camp du Brexit, Nigel Farage, chef du parti europhobe Ukip, a lui accusé David Cameron et le camp du maintien d'instrumentaliser le meurtre de la députée pro-UE.

Une certaine fébrilité semblait gagner le camp du Brexit, qui avait le vent en poupe jusqu'à la mort de Jo Cox.

Une pro-Brexit jette l'éponge

Une ex-secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, la conservatrice Sayeeda Warsi, a fait défection du camp pro-Brexit, se disant écoeurée par la campagne, dans un entretien au Times paru lundi.

«Sommes-nous prêts à raconter des mensonges, à répandre la haine et la xénophobie juste pour gagner une campagne? Pour moi, c'est allé trop loin», a-t-elle dit.

Elle dénonçait notamment une affiche de campagne de Nigel Farage, qui montre une colonne de réfugiés avec la mention «Breaking point» (Point de rupture).

Cette affiche a attisé les divisions du camp pro-Brexit, Michael Gove, le ministre de la Justice et l'un des ténors de la campagne «Vote Leave» ayant avoué qu'elle l'avait fait «frissonner».

Audience jeudi

L'auteur présumé du meurtre de la députée, Thomas Mair, 52 ans, a lui brièvement comparu lundi par vidéoconférence devant le tribunal londonien de l'Old Bailey. L'audience a été renvoyée à jeudi.

Lors de sa première comparution samedi, il avait lancé «Mort aux traîtres, liberté pour le Royaume-Uni» devant le tribunal de Westminster, qui a ordonné une expertise psychiatrique.

Franchement plus optimistes que les sondages, les bookmakers misaient sur la poursuite de l'aventure européenne. Les maisons de paris William Hill et Paddy Power calculaient cette probabilité à 82%.

Economie

La Bourse de Londres a pris plus de 3% lundi, et la livre se reprenait également, les investisseurs mettant de côté - au moins temporairement - leurs inquiétudes sur un Brexit.

L'ex-maire de Londres Boris Johnson a appelé les Britanniques à «changer le cours de l'histoire européenne», dans sa tribune hebdomadaire publiée dans le Daily Telegraph. Dans le camp europhile, le chef de la diplomatie Philip Hammond a lui averti depuis Luxembourg que «la Grande-Bretagne ne pourra plus jamais rejoindre l'UE à une date ultérieure si ce n'est à des conditions qui seraient inacceptables».

Les partisans du maintien ont également reçu le soutien de dix prix Nobel d'économie qui, dans une lettre au quotidien The Guardian, ont prévenu qu'un Brexit fragiliserait l'économie britannique pour de «nombreuses années».

Vendredi noir

Dans le même journal, le milliardaire américain George Soros a prédit un «vendredi noir» en cas de Brexit, anticipant une chute d'au moins 15% de la valeur de la livre sterling.

«Alors, ironiquement, la livre vaudrait à peu près un euro», a relevé George Soros, qui s'était enrichi en spéculant contre la devise britannique lors du «mercredi noir» en 1992.

Inquiétudes européennes

Côté européen, le ministre français de l'Economie, Emmanuel Macron, a affirmé que Londres ne pourrait pas agir «en passager clandestin» de l'UE en cas de sortie.

Le président du Conseil européen Donald Tusk a, lui, reconnu à Lisbonne que le référendum en soi était «un signal d'alarme» que l'UE ne pourrait ignorer.

Le ministre espagnol de l'Économie Luis de Guindos a quant à lui condamné lundi soir la tenue même du référedum. «L'organisation du référendum est une erreur, nous avons ouvert une boîte de Pandore», a-t-il déclaré lors d'un forum organisé par le quotidien économique Expansion.

«Je suis convaincu que le Brexit ne vas pas l'emporter, je suis convaincu que les Britanniques vont se montrer rationnels», a-t-il ajouté. Luis de Guindos, a considéré que la consultation en elle-même avait une connotation «populiste» et estimé qu'en cas de victoire des partisans d'une sortie, il s'agirait d'un échec pour le gouvernement du Premier ministre David Cameron. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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