Frontière irlandaise: Brexit: Dublin demande des solutions à Londres
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Frontière irlandaiseBrexit: Dublin demande des solutions à Londres

Le Premier ministre irlandais refuse le retour d'une frontière dure avec l'Irlande du Nord après la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE.

La frontière entre l'Irlande et la province britannique de l'Irlande du Nord à Jonesborough.

La frontière entre l'Irlande et la province britannique de l'Irlande du Nord à Jonesborough.

Keystone

L'Irlande ne veut pas d'un retour à une frontière dure avec l'Irlande du Nord. Le Royaume-Uni doit amener des «solutions imaginatives», estime son Premier ministre irlandais Leo Varadkar. De son côté, le ministre britannique des finances a défendu une sortie douce de l'UE.

«Nous n'allons pas créer une frontière pour les Brexiteers car ce sont eux qui ont voulu en avoir une. Alors c'est aussi à eux de dire à quoi elle doit ressembler et déjà de convaincre leurs propres électeurs si c'est vraiment une bonne idée», a dit Leo Varadkar lors d'un point-presse à Dublin.

«Nous n'allons pas les aider à créer une frontière dont nous pensons qu'elle ne devrait pas exister tout court», a ajouté le Premier ministre de l'unique pays à partager une frontière terrestre avec le Royaume-Uni.

L'épineux dossier de la frontière entre l'Irlande et la province britannique de l'Irlande du Nord a été identifié comme un sujet prioritaire par l'Union européenne avec le sort des expatriés européens et la facture du Brexit. Un retour de la frontière risque de provoquer un choc pour ces deux économies particulièrement imbriquées qui échangent aujourd'hui sans entraves.

Caméras de surveillance

Selon le quotidien The Times, Londres a proposé le recours à des moyens technologiques comme des caméras de surveillance pour éviter un retour d'une frontière en dur, une solution qui ne semble pas convaincre Dublin.

«Nous avons une frontière de 500 km de long avec 400 points de passage», a rappelé vendredi le ministre irlandais des Affaires étrangères Simon Coveney sur la radio RTE, estimant qu'il était illusoire de «prétendre résoudre le problème avec des caméras».

Précédemment, le ministre avait évoqué la possibilité d'instaurer des frontières dans les ports et les aéroports de l'île pour permettre le maintien de la libre circulation des biens et personnes entre le nord et le sud de l'Irlande.

Sortie douce

Le ministre britannique des finances Philip Hammond a lui défendu sa vision d'une période de transition de trois ans entre la sortie du Royaume-Uni de l'UE et la mise en place d'une nouvelle «relation de long terme». Les Britanniques «ne souhaitent pas une rupture brutale», a-t-il déclaré sur la radio BBC4.

«Ce processus devra être terminé au moment des prochaines élections législatives (britanniques) qui se tiendront en juin 2022. Cela représente donc une période maximale de trois ans» à partir de la concrétisation du Brexit, qui doit avoir lieu en mars 2019, a ajouté M. Hammond.

Au début de cette transition, les dispositions régissant les liens entre l'Union européenne et le Royaume-Uni pourraient être «très similaires» à ce qu'elles sont actuellement. Elles devraient ensuite «progresser régulièrement» pour établir les normes de la relation future qui sera fondée sur «un nouveau traité».

Initialement, les biens pourront continuer à traverser la frontière entre l'UE et le Royaume-Uni «de manière comparable à ce qui se fait actuellement», espère le ministre. «Notre aspiration est de pouvoir continuer les échanges commerciaux», a-t-il ajouté.

Contrôle entrées-sorties

Quant aux citoyens européens, ils «seront toujours autorisés» à se rendre outre-Manche mais devront «s'enregistrer auprès des autorités». «Ainsi nous saurons qui entre et qui quitte le territoire», a encore déclaré le ministre.

Les contrôles et d'éventuelles restrictions à l'immigration ne seront pas mises en place immédiatement après le Brexit, selon lui. «Ce n'est pas une question de choix politique mais une question matérielle, nous devons mettre en place de nombreuses infrastructures nouvelles», a prévenu M. Hammond.

La mise en place d'une telle période de transition n'a pas encore été débattue avec Bruxelles. Le ministre britannique des finances, qui défend une sortie en douceur de l'UE, estime qu'un traité ne pourra pas être conclu avant la date limite de mars 2019. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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