Actualisé 29.08.2011 à 13:59

LibyeBrûlée vive par la femme d'Hannibal Kadhafi

Une femme affirme avoir été torturée par l'épouse d'Hannibal Kadhafi. Son tort? Travaillant comme nounou, elle a refusé de battre un bébé du couple qui n'arrêtait pas de pleurer.

von
mrg/gco

Source: CNN.com

Lors de visites d'anciennes demeures du clan Kadhafi, une équipe de la chaîne CNN a recueilli le témoignage poignant de Shweyga Mullah. Cette jeune femme de 30 ans a expliqué avoir quitté son Éthiopie natale il y a un an pour une vie meilleure en Libye. Elle y a été engagé par la famille d'Hannibal et Aline Kadhafi.

Au début, tout se passait correctement, mais après 6 mois de service, elle raconte avoir été brûlée, une première fois, par Aline. Trois mois plus tard, la même chose s'est reproduite, mais beaucoup plus sérieusement.

Elle raconte qu'un jour Aline a perdu son sang-froid parce que sa fille ne cessait de pleurer et que Shweyga refusait de battre l'enfant. «Elle m'a emmené dans une salle de bain, m'a attaché les mains et les pieds, m'a bâillonné puis elle a versé de l'eau bouillante sur ma tête comme ça», a-t-elle relaté, en imitant, devant la caméra de CNN, le mouvement de l'eau bouillante versée sur sa tête.

«Des asticots sortaient de ma tête»

A la suite de cette agression, Shweyga précise qu'elle a eu «des asticots qui lui sortaient de la tête», parce qu'elle avait été cachée afin que personne ne la découvre dans ce pitoyable état. Un garde a fini par la trouver et l'a emmenée à l'hôpital où elle a pu être soignée. Mais Aline et Hannibal Kadhafi l'ont appris et l'ont ramenée chez eux. Le garde qui l'avait aidée a été menacé d'être jeté en prison s'il recommençait. «J'ai travaillé une année entière, ils ne m'ont pas donné un centime. Maintenant, je veux aller à l'hôpital. Je n'ai pas d'argent. Je n'ai rien», a-t-elle encore déclaré, en sanglotant.

Un autre employé de maison, un homme du Bangladesh qui n'a pas voulu donner son nom, a corroboré les propos de Shweyga Mullah. Il a aussi dit qu'il avait également été régulièrement battu et tailladé avec un couteau. «Les chiens de la famille Kadhafi étaient mieux traités que son personnel», a-t-il conclut.

Lourds antécédents

Ce n'est pas la première fois que le couple est accusé de maltraitance envers son personnel. Tout le monde se souvient de leur arrestation en juillet 2008, dans un cinq-étoiles genevois suite à des accusations de coups contre une employée. Même si le fils Kadhafi n'en était pas à sa première frasque, son arrestation avait débouché sur une crise politique de deux ans entre la Suisse et la Libye.

Kadhafi représente toujours un danger

Le chef de la rébellion libyenne, Moustapha Abdeljalil, a assuré lundi à Doha que le colonel Mouammar Kadhafi représentait toujours «un danger» et appelé la coalition internationale à continuer de soutenir les nouveaux maîtres de la Libye.

Il a rendu un vibrant hommage à l'Otan pour le rôle déterminant joué par cette instance aux côtés de la rébellion. «Sans le soutien militaire de l'Otan, les rebelles ne seraient jamais parvenus là où ils sont aujourd'hui», a-t-il insisté.

La coalition internationale est intervenue en Libye le 19 mars, en application d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU évoquant la protection des civils face à la répression menée par le régime de M. Kadhafi contre une révolte engagée mi-février.

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